Il semble que l'on soit aujourd'hui confrontée à un paradoxe: alors qu'en théorie l'opposition n'a jamais été aussi unie et reconnue (concomitamment aux progrès lents mais réels réalisés sur le terrain), en réalité le fossé est devenu presqu'insurmontable entre partisans et opposants de l'ingérence extérieure, protecteurs et adversaires de l'islamisme radical, religieux et laïcs. C'est précisément sur ces contradictions que mise le régime baathiste pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible.
Aujourd'hui, l'alternative en Syrie est aussi sinistre que simple. Le régime Assad est condamné, la question est de savoir si son agonie sera prolongée au prix d'indicibles souffrances, ou bien si les révolutionnaires syriens auront enfin les moyens militaires d'abréger ces souffrances insensées, qui font peser une lourde hypothèque sur l'avenir du pays.
Le président Obama qualifiait jadis l'Afghanistan de «guerre de nécessité», par opposition à l'Irak, la «guerre de choix». Le risque d'enlisement existe. Que ce soit le président français, son premier ministre, le ministre des Affaires étrangères ou le ministre de la Défense, tous disent que la France «n'a pas vocation à rester au Mali». On veut bien les croire.
Alors que le reporter de guerre James Foley, correspondant de Global Post/JOL Press en Syrie a disparu depuis plusieurs semaines, je me joins, ainsi que toute la rédaction, à sa famille qui a lancé une pétition en ligne pour exiger sa libération. Une disparition emblématique du conflit syrien, qui a choisi l'opacité et le muselage de la communication pour poursuivre ses exactions sans témoins.