Stephen Harper ne se donne même plus la peine de cacher son jeu. Après avoir aboli à Pêches et Océans les postes liés à la recherche sur la toxicité des hydrocarbures en milieu aquatique, après avoir dissous la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, le premier ministre compte museler toutes les voix qui s'opposent à ce qu'il présente comme « la volonté des Canadiens ».
Le Québec est mené par des hors-la-loi. Je ne parle pas de John James Charest et ses Libéraux. Je parle des individus et organisations qui ont proféré des menaces de sabotage envers le Grand Prix du Canada. Et de ceux pour qui la désobéissance civile est un droit fondamental. Ce sont eux qui mènent la province, actuellement.
La montée de lait actuelle s'inscrit dans une escalade de l'insatisfaction qui s'étire sur plusieurs années. Quelle que soit l'issue de la grève étudiante, la vague de changement qui s'est ébranlé ce printemps ne s'arrêtera pas de si tôt. Contre tout les préjugés, la jeunesse québécoise a accepté de jouer son rôle historique: défendre la justice sociale. Et nous sommes des centaines de milliers. Difficile de ne pas être optimiste. Billet publié sur LeMonde.fr