La société néolibérale n'est pas une société. C'est plutôt une collection d'individus atomisés, individualistes et égoïstes qui consomment, entreprennent et se divertissent au sein d'un énorme marché. Toute poursuite de jouissance personnelle qui n'entrave pas les autres est érigée en droit absolu. Dans une telle société, impossible de penser en commun ou de convenir ensemble d'une quelconque norme collective, car celle-ci en viendra inévitablement à brimer certains individus, à constituer une contrainte dans la recherche de leurs intérêts privés.
PEOPLE- Voilà qui ne doit pas faire rire du tout la reine Elizabeth II. Les fesses nues de son petit fils, le Prince Harry, font le tour de la toile....
Jean Charest disait après son face-à-face avec François Legault que ce débat avait permis de montrer «le plus beau côté de ma personnalité». Certes, le premier ministre sortant a été habile, mais il a très peu expliqué ce que LUI ferait si les Québécois lui confiaient un 4ème mandat. Moins aguerri, le chef caquiste n'a pas cédé beaucoup de terrain. Ses envolées sur les ressources naturelles, la protection du français, la vente des sièges sociaux devraient faire mouche chez une clientèle nationaliste décue d'apprendre qu'il voterait «Non» lors d'un prochain référendum. Au final, avantage CAQ malgré, ou à cause, de la belle personnalité de Jean Charest.
Je parle de cette formidable langue de bois, instituée par le PQ mais enrichie gaiement par QS, qui consiste en une série de formules fumeuses et tarabiscotées qui permettent tout juste de porter l'étiquette souverainiste, tout en camouflant le mieux possible une absence totale d'engagement conséquent. La langue souverainiste n'a pas tout-à-fait le même accent selon qu'on la parle chez QS ou au PQ, mais ses codes sont les mêmes.
Le premier tête-à-tête télévisé entre Jean Charest et Pauline Marois a placé sous les projecteurs deux stratégies diamétralement opposées pour le Québec. Bien assis, face-à-face, le chef du PLQ et celle du PQ avaient bien préparé leurs «punchs», et ils les ont livrés avec beaucoup de passion. Que ce soit sur la façon de gouverner, la politique sociale, l'économie, la santé, le Plan Nord, le referendum, il y avait de l'électricité dans l'air. Ces deux politiciens se mesurent depuis des années et en ont profité pour régler leurs comptes.
Au côté de la voix vive et rafraîchissante de Françoise David, il manquait aussi la présence importante d'un cinquième joueur qui ne manque pourtant pas de pertinence: Jean-Martin Aussant d'Option Nationale. Mais, je crois que ça aurait été le coup de grâce pour les vétérans que sont devenus avec le temps Marois, Legault et Charest. Trop d'idées nouvelles, trop de sincérité, trop de discours vrais. On ne bouscule pas l'establishment du jour au lendemain, surtout si c'est pour le bien de tous.
Après une passe d'armes verbale de deux heures, où l'on a su ce que disait ou ne disait pas le rapport Moisan, où l'on a débattu du nombre de médecins nécessaires à notre réseau, de la loi 10 ou de la posture envers le gouvernement fédéral, force est de constater qu'il n'y a qu'une seule grande perdante du débat d'hier soir : l'éducation. L'éducation pour laquelle plus de 200 000 étudiants ont battu le pavé le printemps dernier. L'éducation qui, de l'avis de tous, devrait être LA priorité pour une société qui se veut ancrée dans la réalité du XXIe siècle. L'éducation, faut-il le rappeler, pour laquelle nous sommes en élection cet été, après le conflit historique qui a agité les cégeps et les universités du Québec.