Chère Madame Pauline Marois, D'ordinaire, ce type de communication sert principalement à fustiger la personne à qui s'adresse le message. Ce n'est pas le cas! Comme des dizaines de milliers, voire des millions, de personnes qui désirent ardemment que leur vote compte, que leurs opinions soient entendues, je m'adresse à vous aujourd'hui pour vous demander d'entreprendre une réforme du mode de scrutin actuel que René-Lévesque, fondateur de votre parti, qualifiait lui-même de « démocratiquement infect ».
Cette dichotomie entre les aspirations au changement de la population et l'offre politique étroitement partisane qui nous est servie à l'occasion de ces élections éclate chaque jour davantage. La crise déclenchée par les jeunes cégépiens-nes et étudiants-es sur la question de l'augmentation des frais de scolarité semble être l'angle mort de la campagne, forçant les protagonistes à camper sur leurs anciennes positions. Ces élections n'ont-elles pas été déclenchées pour trouver une solution démocratique à la crise?
En mai dernier, la campagne présidentielle française se concluait par la victoire du candidat socialiste François Hollande face au président sortant Nicolas Sarkozy. À moins de dix jours du scrutin, certains parallèles peuvent être faits entre le candidat de gauche et la candidate au poste de première ministre du Québec. Pauline Marois s'inspire-t-elle de la campagne du socialiste français? Est-elle 'Hollandaise'?
La CAQ martèle qu'elle est prête à faire trébucher un gouvernement péquiste minoritaire dès le printemps prochain. C'est une position assez inhabituelle et risquée, les électeurs détestant normalement qu'on les fasse voter à si courte échéance. On peut y voir une tactique pour rabattre le vote, des électeurs se disant qu'un gouvernement caquiste ou péquiste minoritaire, obligée de s'entendre avec le PLQ, aurait du bon sens.
En mode séduction, François Legault a promis des femmes dans un éventuel cabinet ministériel de la CAQ, comme s'il pouvait en être autrement en 2012. Puis, en présentant les femmes de son parti en point de presse, il a souligné qu'elles pourraient s'occuper des enfants et des aînés. Sans commentaire.
Plusieurs partis politiques qui sollicitent les électeurs dans la présente campagne électorale abordent la question linguistique. Deux d'entre eux proposent même de refaire la loi 101. Nul doute que ces propositions renforceraient notre politique linguistique. Cependant, elles ne seraient pas suffisantes. J'ose même affirmer qu'une loi 101 parfaite, intégralement appliquée avec rigueur et finesse, à l'abri de toutes contestations judiciaires, ne suffirait pas à assurer la pérennité du français au Québec. Les attitudes et les comportements des francophones eux-mêmes, ainsi que les tendances lourdes de la démographie, sont en cause.
Voici une petite histoire de campagne électorale authentique. Un candidat qui vit sa première campagne attend impatiemment dans un local surchaufé l'arrivée de son chef. Il n'est pas seul. Tous les candidats de la région sont sur place et battent la semelle en attendant l'arivée de la caravane électorale. Les partisans dans la salle trépignent eux aussi.
Le tintamarre des casseroles a visiblement assourdi quelques-uns de mes compagnons de guerre, qui avant aujourd'hui, plaçaient l'indépendance avant tout, y compris dans l'urne. Aujourd'hui, notre chemin se sépare, moi chez Option nationale, eux au Parti québécois. Je vous comprends. C'est déchirant. Mais si je vous résume la situation: il y a trois luttes prépondérantes aujourd'hui: celle de sortir nos vidanges, celle de la hausse des droits de scolarité, et celle de l'indépendance. Le PQ ne peut répondre qu'à la première. Vous sacrifiez donc les deux autres.
En tant que démocrate, je suis estomaquée de constater que le ministre des Affaires étrangères, John Baird, refuse de condamner clairement la sentence injuste délivrée par la justice russe envers le groupe punk Pussy Riot. Il n'y a pourtant aucune place à l'interprétation dans ce dossier: la condamnation à deux ans de camp pénitentiaire des trois membres de Pussy Riot est tout à fait disproportionnée et inacceptable.