J'ai décidé de faire une expérience pendant toute la durée de la campagne électorale: ne m'informer qu'à partir du web. Je consulte occasionellement les journaux en papier, mais je boycotte la TV. Et je compare aux précédantes élections. Je me suis abonné à la page Facebook des grands partis en lice, et je suis sur Twitter les partis et leurs ténors (quand ils sont présents). Je suis aussi les hashtags les plus populaires tels que #qc2012 et #polqc ou encore le toujours actif #assnat.
Peut-être serait-ce plus facile si je m'appelais Marc Croteau. Peut-être pourrais-je alors dire que je suis pour une charte de la laïcité sans risque. Faudrait-il alors qu'on me renvoie dans ma région, dans ma ville? Si je m'appelais Marc Croteau et que je disais que je crois que les valeurs québécoises incluent la séparation de l'Église et de l'État, l'égalité entre les hommes et les femmes et le français comme langue commune, qu'est-ce qu'on pourrait bien me répondre? Que je ne connais pas le Québec?
Plus de six mois maintenant que les jeunes se mobilisent, prennent la rue, discutent en assemblée, parlent aux médias, organisent des camps de formation, pétitionnent les tribunaux, imaginent (avec l'aide de certains grands poètes) des slogans : "Nous sommes les bêtes féroces de l'espoir"... Rien d'autre de ce qui s'est passé au Québec depuis le dernier référendum a su attirer autant d'attention. Et tout ça, grâce aux "jeunes".
Je doute fort que, dans l'état actuel des choses, les moins de quarante ans se sentent interpelés par la question de la laïcité. Les assemblées publiques au cours desquelles ce thème a fait l'objet de débats toujours forts passionnés rassemblaient une majorité de têtes blanches. La religion dont on veut séparer l'État a le plus souvent ici la forme fantomatique de l'institution catholique-romaine prête à retrouver sa domination d'antan, ou celle, aussi imaginaire, d'un islam de l'immigration dissimulant dans les mosquées des fanatiques violents en mal d'imposer chez nous comme ailleurs les règles de la charria.
Jean Tremblay, qui s'est drapé des prétendues « valeurs canadiennes-françaises» pour imposer une prière catholique avant les séances du conseil de sa ville et la lancer dans une croisade judiciaire à l'encontre du Tribunal des droits de la personne avait déjà cette fâcheuse tendance mégalomaniaque à assimiler les convictions de l'ensemble des Québécois à ses propres lubies mystiques.
Lorsqu'arrive le mois de septembre, pour plusieurs familles les nombreuses factures associées au retour en classe pèsent beaucoup. Un gouvernement libéral offrira aux parents un soutien financier direct de 100$ pour chaque enfant inscrit à l'école primaire publique, afin de les soutenir dans l'achat de matériel scolaire à la rentrée en classe. Avec cette aide supplémentaire, nous souhaitons nous assurer que les enfants aient tout ce qui est nécessaire à leur réussite dans leur sac d'école.
Aujourd'hui, François Legault est «devenu» fédéraliste, allant jusqu'à dire qu'il voterait non à un référendum sur l'indépendance et affirme que la situation économique du Québec est alarmante au point où la souveraineté serait une catastrophe (bien qu'il affirmait le contraire lors de la dernière élection générale). Rares sont les occasions où je suis parfaitement d'accord avec Jean Charest, mais force est de constater que celui-ci a entièrement raison de qualifier Legault de girouette.
Les Jeux olympiques m'ont aussi fait réfléchir sur l'importance accordée au sport et à la forme physique dans notre société. Depuis quelques mois, j'ai justement le privilège d'agir en tant que porte-parole de l'opposition officielle en matière de sports. Ce dossier est, à mon avis, à la base même d'une communauté florissante. La pratique d'un sport est bonne pour la santé physique et mentale. Elle permet à des jeunes de trouver une voie.
Cette deuxième semaine aura également permis de voir que le chef de la CAQ n'a pas peur de piquer une bonne idée au chef du PLQ. Je ne parle pas du programme du parti, je laisse ça à d'autres, mais plutôt de l'idée d'enregistrer un billet quotidien pour faire le bilan du jour, à bord de l'autobus de campagne. Et j'ajoute que de tous les politiciens présents dans la twittosphère québécoise, François Legault demeure encore le plus fidèle à ses abonnés.
Statistiques Canada nous révèle que, sur une période allant de 1976 à 2011, le taux d'emploi actuel des jeunes Québécois est parmi l'un des plus élevés au pays. Dans la propre génération de monsieur Legault, ce taux atteignait, en 1976, 50,7%. Il est désormais de 57,7% chez ces jeunes qui ne « pensent qu'à la belle vie », deux points au-dessus de la moyenne canadienne, cinq points au-dessus du taux de nos voisins ontariens. Chez les 25-44 ans, il est aujourd'hui de 81,7%, alors qu'il n'était que de 67% à la douce époque de monsieur Legault, où l'on connaissait le vrai sens des mots « travail » et « effort ».
Il y a chaque année des centaines, des milliers, peut-être des dizaines de milliers, de personnes qui disparaissent autour de nous. Que sont-elles devenues? Ce petit monsieur que vous croisiez presque tous les matins au café. Avec son gros nez crevassé et sa peau gris mat, il déambulait en dodelinant dans le quartier. Ça fait quelques semaines que vous avez remarqué sa disparition. Quelques mois plutôt. En fait, peut-être même un peu plus. Il n'est plus sur son balcon. Mais était-il là l'hiver passé? L'avez-vous revu au printemps? Est-il mort? Dans une maison de retraite? À l'hôpital? Ou dans un autre pays?