J'étais en coulisse avant leur arrivée. Les orteils bleus et le bout du nez rougi par le froid inhérent à tout bon endroit typiquement dédié à accueillir les hockeyeurs du quartier, prêts à se prêter à un match bien différent de celui que nous avons vécu ce week-end. Reste que dans les deux cas, la notion d'esprit d'équipe est d'une importance cruciale... Même si on a parfois envie de cuisiner l'ailier qui n'a pas su envoyer la rondelle où on l'aurait voulu...
Ils ont choisi un homme qui n'est pas député, qui n'a pas de pensée économique bien connue, l'expérience d'un seul ministère, un intellectuel de haut vol, qui traîne ses amitiés avec le Dr Arthur Porter comme un boulet, un orateur ordinaire qui veut réouvrir un débat constitutionnel dont personne ne veut entendre parler. Cet homme, Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec, avait un gros avantage: il plait dans les sondages et pourrait redonner le pouvoir aux libéraux.
Comment rater la première journée de rentrée parlementaire? Voter avec l'opposition pour dénoncer ses propres compressions en éducation, composer avec un député (Daniel Breton) qui roupille au début de la période des questions et passer l'avant-midi à répondre à Jacques Parizeau sur la gratuité scolaire.
Philippe Couillard a joué la carte du premier ministre en devenir, Raymond Bachand celle du candidat expérimenté et agressif et Pierre Moreau celle du candidat prêt à bousculer certaines vaches sacrées. Le PLQ a complété samedi à Rimouski sa série de 5 débats entre les candidats qui veulent remplacer Jean Charest et devenir, par le fait même, chef de l'opposition le 17 mars.
On a souvent observé que Jean Charest exerçait un contrôle absolu sur son caucus et sur le PLQ. Un parti vivant, ce n'est pas pas une chorale et il n'est pas nécessaire de pratiquer l'unanimisme. Les libéraux se sont toujours faits un point d'honneur de se distinguer du Parti québécois qui est régulièrement sur le point d'éclater, en présentant une image d'unité. Résultat, jusqu'à présent, cette course au leadership libéral n'a pas soulevé les passions.
Le deuxième débat entre les candidats à la chefferie libérale a fait apparaître des lignes de divison entre Philippe Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand qui aspirent à remplacer Jean Charest le 17 mars. Mais d'abord, la déclaration la plus surprenante revient à l'ancien ministre des Finances, M. Bachand, qui a pu proclamer durant les échanges au cégep Limoilou à Québec que «la dette nous l'avons réglée» en créant le Fonds des générations
L'après-Charest a débuté dimanche pour le Parti libéral du Québec qui tenait le premier de 5 débats entre Philippe Couillard, Raymond Bachand et Pierre Moreau. Un PLQ bien amoché nous révélait un sondage Crop-La Presse alors que 62% des francophones ont une mauvaise opinion du parti qui a dirigé le Québec pendant 9 ans.