Pour réaliser son programme, François Legault aimerait bien jouir d'une majorité de sièges. Au lancement de la plateforme de son parti à Québec il a évoqué le fait que la meilleure façon de changer le modèle québécois c'est d'avoir «l'appui de la population». La CAQ a survécu aux 2 premières semaines de campagne électorale et, contrairement à ce que redoutaient certains caquistes, n'a pas été mise hors-jeu.
Seul le PQ peut battre Charest. Mais c'est un parti souverainiste. Et comme les forces libérales ont réussi, comme elles l'ont fait avec le carré rouge, à dénigrer avec succès l'idée d'un pays, Marois se voit encore condamnée à l'échec. À moins que le Parti Québécois ne prenne sa décision la plus audacieuse depuis René Lévesque : celle de s'engager, en cas de victoire, à mettre la souveraineté de côté, afin de rassembler derrière elle toute la colère contre Charest, sans écarter les allergiques frileux d'un pays.
L'idée de François Legault me plaisait, au début. Je m'y suis intéressé sérieusement, dès qu'il est sorti pour en faire la promotion quelque part à l'été 2011. Son retour en politique était salué par beaucoup et sa fraîcheur a été appréciée. Je parle au passé, c'est voulu! Les intentions de vote étaient bonnes, l'image du renouveau politique et du parti qui fait changement a fait tourner beaucoup de tête. Alors qu'est-ce qui explique cette baisse incroyable dans les sondages? Qu'est-ce qui fait en sorte que François Legault a perdu des plumes au point de s'affairer à réparer que ce qui lui reste?
Dire que la Coalition avenir Québec a perdu son momentum serait un euphémisme. Des chutes dans les sondages, ça arrive même dans les meilleures familles politiques. Le problème avec la CAQ de François Legault c'est que l'on ne voit pas le jour où ils vont remonter. Surtout s'ils s'entêtent à ne pas profiter du territoire inoccupé au centre droit.
Legault pique du nez dans les intentions de vote au Québec depuis quelques semaines. C'est normal me direz-vous, une simple leçon de physique élémentaire: tout ce qui monte finit par redescendre. Soit! La question est plutôt de savoir s'il allait descendre tout doucement ou chuter comme un rocher au fond de l'eau.
Monsieur Legault, Nous vous entendons dire un peu partout dans les médias que plusieurs enseignants vous supportent dans votre croisade pour l'éducation, eh bien nous voulons dire haut et fort que nous, nous ne vous appuyons pas. La chasse aux mauvais enseignants est loin d'être le problème principal de l'école québécoise. Si vous passiez ne serait-ce qu'une semaine entre les quatre murs d'une école primaire ou secondaire, vous vous en rendriez compte par vous-même. Et ce n'est pas en nous offrant un salaire plus élevé que vous ferez passer la pilule.