C'est en regardant le célèbre bulletin de Claire Chazal sur TF1 (la Sophie Thibault française) que j'ai aperçu les nombreuses pancartes où apparaissait, parmi d'autres, le slogan «pas touche à mon Code civil!». Premièrement, «ton» Code civil? Ambitieux... Deuxièmement, «pas touche»? Déplacé. J'ai fait mute sur Claire Chazal et j'ai tenté de raisonner. Sur les bancs d'une faculté de droit, on nous apprend à appliquer cette logique, parfois fâcheuse mais nécessaire, voulant que les libertés des uns se terminent là où commencent celles des autres.
Novembre passé, je me souviens avoir eu quelques échos de cette manifestation contre le projet de Loi qui avait rassemblé plus de 100 000 personnes en France. Un peu avant le Nouvel An, également, je me souviens avoir été abasourdi par la déclaration du Pape Benoît XVI qui disait vouloir renforcer l'idée d'un mariage dit «normal». Et c'est en ce dimanche que je tombe sur cette nouvelle d'une manifestation monstre qui s'est déroulée l'autre bord de l'Atlantique.
On ne parle que de lui. Depardieu, dans une grosse colère, s'engueule avec sa famille et part en claquant la porte, sans oublier de rendre les clés. Tandis que le spectacle, si improbable pour nous, réjouit et distrait la terre entière dans une comédie burlesque inédite, la France, elle, n'a pas le coeur à rire. Elle est même plutôt hors d'elle, enragée pour tout dire, alors qu'ici, on est pliés en deux.
Cher Monsieur Depardieu, Tout en sachant pertinemment que mon message risque de se perdre et de ne jamais aboutir dans votre boîte courriel, je me permets d'écrire ceci : Lorsque j'étais petite, je regardais les Misérables en boucle. Un chocolat chaud pas très loin sur la table d'appoint, une grosse doudou m'enveloppant et j'attendais patiemment que l'histoire se termine pour la recommencer. J'étais émerveillée devant la volonté du père Madeleine, maire de Montreuil-sur-Mer, à générer le bien autour de lui...