Monsieur Francoeur, J'ai pris connaissance d'un article signé par Karim Benessaieh sur le site de la presse.ca. Dans cet article, l'auteur rapporte que la ville de Montréal et ses policiers en sont à une impasse, que la ville prétend ne plus être capable de soutenir ses contributions à votre régime de retraite et qu'elle pense faire appel à un arbitre pour imposer un règlement. Apparemment, la situation vous a ulcéré mais, pardonnez ma franchise, je suis incapable d'être sympathique à votre cause.
Surtout, la chef du PQ a fait valoir ses états de service, et a rappelé les luttes qu'elle a menées durant sa longue carrière de 30 ans. Profitant du fait qu'elle s'adressait directement aux indécis elle a posé comme la leader rassurante qui a fait le ménage «en douceur» sans dresser les syndicats contre elle. C'est elle qui a aussi réduit de moitié le nombre de commissions scolaires au Québec, devait-elle rappeler.
La société néolibérale n'est pas une société. C'est plutôt une collection d'individus atomisés, individualistes et égoïstes qui consomment, entreprennent et se divertissent au sein d'un énorme marché. Toute poursuite de jouissance personnelle qui n'entrave pas les autres est érigée en droit absolu. Dans une telle société, impossible de penser en commun ou de convenir ensemble d'une quelconque norme collective, car celle-ci en viendra inévitablement à brimer certains individus, à constituer une contrainte dans la recherche de leurs intérêts privés.
Les débats à deux à TVA? «Ça n'a pas de bons sens». L'absence de Québec Solidaire et d'Option Nationale à TVA? «Ça n'a pas de bons sens». L'absence Jean-Martin Aussant au débat de Radio-Canada? «Ça n'a pas de bons sens». Le chaos printanier? «Ça n'a pas de bons sens». La loi 78? «Ça n'a pas de bons sens». Le SPVM? «Ça n'a pas de bons sens».
Avec trois albums à son actif, on connaît surtout Jean-François Lessard pour ses chansons qui n'ont jamais hésitées à prendre position et à traiter des problèmes de la société moderne. En plus de sa carrière artistique, il s'implique dans le débat politique de diverses façons. Il se présente actuellement sous la bannière de Québec Solidaire dans le comté de Borduas, et il a accepté de prendre quelques minutes de pause dans sa campagne pour répondre à mes questions.
On met François Legault sur les affiches de tous les candidats, en arrière-plan. Le Saint-François, qui veille sur ses jeunes brebis sans expérience. On sent bien que ce parti est celui d'un seul homme. À part quelques gros noms, les candidats sont peu ou pas connus, alors on mise le tout sur le boss. Pour moi, la faiblesse de l'équipe et la centralisation sur le chef me font réfléchir.
Dans les nombreuses rencontres de campagne qu'il m'est donné de faire ces jours-ci, je discute avec beaucoup d'indécis et surtout beaucoup d'électeurs et électrices partagés entre le vote du coeur (pour Québec solidaire) et le vote stratégique pour la candidate du PQ, seule capable, selon eux, d'empêcher Clément Gignac du Parti libéral de passer. Or, je le constate à chaque fois: les uns et les autres oublient deux arguments clefs qui les amènent par la suite à percevoir la réalité sous un jour bien différent.
Je parle de cette formidable langue de bois, instituée par le PQ mais enrichie gaiement par QS, qui consiste en une série de formules fumeuses et tarabiscotées qui permettent tout juste de porter l'étiquette souverainiste, tout en camouflant le mieux possible une absence totale d'engagement conséquent. La langue souverainiste n'a pas tout-à -fait le même accent selon qu'on la parle chez QS ou au PQ, mais ses codes sont les mêmes.
Dans cette cacophonie électorale de fabulations de toute nature, on souhaiterait davantage entendre comment un futur gouvernement va stimuler le développement minier, appuyer l'émergence d'une véritable filière québécoise et attirer davantage les investissements de grandes sociétés internationales.
J'étais récemment à l'école d'été de l'INM et j'ai eu la chance d'échanger avec une nouvelle cohorte de jeunes sur ce qu'on appelle « la création de la richesse ». Les questions étaient les mêmes: À quoi sert la richesse ? Créons-nous vraiment de la richesse? La question mérite d'être posée. Notre économie produit actuellement de la richesse en dilapidant les ressources qui devraient permettre aux générations à venir d'avoir un niveau de vie comparable au nôtre.
Au côté de la voix vive et rafraîchissante de Françoise David, il manquait aussi la présence importante d'un cinquième joueur qui ne manque pourtant pas de pertinence: Jean-Martin Aussant d'Option Nationale. Mais, je crois que ça aurait été le coup de grâce pour les vétérans que sont devenus avec le temps Marois, Legault et Charest. Trop d'idées nouvelles, trop de sincérité, trop de discours vrais. On ne bouscule pas l'establishment du jour au lendemain, surtout si c'est pour le bien de tous.
Après une passe d'armes verbale de deux heures, où l'on a su ce que disait ou ne disait pas le rapport Moisan, où l'on a débattu du nombre de médecins nécessaires à notre réseau, de la loi 10 ou de la posture envers le gouvernement fédéral, force est de constater qu'il n'y a qu'une seule grande perdante du débat d'hier soir : l'éducation. L'éducation pour laquelle plus de 200 000 étudiants ont battu le pavé le printemps dernier. L'éducation qui, de l'avis de tous, devrait être LA priorité pour une société qui se veut ancrée dans la réalité du XXIe siècle. L'éducation, faut-il le rappeler, pour laquelle nous sommes en élection cet été, après le conflit historique qui a agité les cégeps et les universités du Québec.
Le premier débat des chefs de la campagne électorale était, à bien des niveaux, historique, étant le premier débat avec autant d'hommes que de femmes et marquant la première participation de la Coalition Avenir Québec et de Québec Solidaire à ce débat. C'était d'ailleurs, pour ce dernier parti, l'une des rares occasions de visibilité égale aux autres partis, une opportunité que Françoise, co-porte-parole de QS, devait saisir pour sortir son parti de la marginalité. Bilan de la performance des 4 chefs de partis.