La campagne électorale est maintenant lancée. Les attentes de la population québécoise varient d'une région à l'autre, d'une communauté linguistique à l'autre, d'un segment de la société à l'autre. Loin des enjeux des élections précédentes portant sur l'identité et les accommodements raisonnables (2008, 2007), la réingénierie de l'État (2003, 1998), la question nationale (1994) les partis politiques en lice tentent d'imposer LEUR propre enjeu de la campagne.
Si, comme lors de nombreuses campagnes électorales dans le passé, les médias mettent plus d'efforts à analyser la course à la victoire qu'à informer les gens sur les qualités et défauts des chefs de partis, des candidats et les valeurs qu'ils défendent, cela confirmera le changement qui s'est observé aux États-Unis et au Canada au cours des dernières années. La course à la victoire est plus importante que les idées véhiculées dans cette même course.
Sur le plan politique, Twitter est un média captivant quand on fait partie de la « bulle politique ». Mais si c'est facile de s'abonner aux vedettes de la twittosphère, c'est plus difficile de les séduire par nos humbles commentaires et d'en faire nos abonnés. Les journalistes et politiciens ne s'abonnent pas aux 140 caractères de simples citoyens. Quelques exemples? Richard Martineau peut se vanter de 39 300 abonnés, mais de seulement 72 abonnements; François Legault, 12 500 abonnés et 390 abonnements; Justin Trudeau 143 000 abonnés, 620 abonnements; Chantal Hébert, 27 800 abonnés, 47 abonnements.
Les immigrants qui viennent au Québec ont pour la plupart des diplômes universitaires et de fortes compétences et qualifications. Dans leur quête d'intégration au marché du travail, ils retournent parfois sur les bancs d'école pour acquérir des diplômes québécois, alors qu'ils détiennent parfois déjà des diplômes équivalents et même plus. Malgré ces diplômes québécois obtenus, ils se retrouvent toujours sans emploi. Pourquoi? La majorité des immigrants que j'ai rencontrés m'ont déclaré « l'expérience québécoise ».
Lorsque Bernard Landry a déclenché la campagne électorale qui devait finalement coûter le pouvoir au Parti Québécois au printemps de 2003, sa formation politique était virtuellement à égalité dans les sondages avec le PLQ, à 36% (Léger Marketing). Si la partie semblait de prime abord jouable (comme elle l'est aujourd'hui pour le premier ministre Charest), un mois d'une campagne laborieuse marquée par de nombreuses anicroches et un traitement médiatique somme toute défavorable (visionner l'excellent « À hauteur d'homme ») ont finalement donné le pouvoir à Jean Charest.