Les citoyens doivent bien se demander au nom de quelle incompréhensible hérésie Ottawa peut-il verser 1,5$ milliards en subventions annuelles à l'industrie pétrolière qui opère sur le sol canadien? Malgré les avis mêmes du G20 visant à réduire ce soutien de l'État. Alors que Flaherty et cie nous assènent le discours obscène de l'austérité essentielle, coupant dans tous les pans de la société unifoliée, fonction publique, arts, programmes sociaux, Ottawa se permet de gratifier Big Oil.
Donc, à la veille du jour du Souvenir, de quoi doit-on se « souvenir » au juste? Pourquoi avoir un devoir de mémoire, sinon pour ne pas reproduire les erreurs passées? Il ne faut pas que ces commémorations aient pour but de justifier les horreurs présentes. En ce sens, afin de faire échec à cette stratégie politique conservatrice, je vous invite à porter au mois de novembre le coquelicot blanc. En effet, le coquelicot blanc se « souvient » réellement de ce qu'est la guerre, et rend hommage à ses victimes. À toutes ses victimes. Pas uniquement à celles qui y ont porté des armes.
Au moment où les conservateurs flambent 85 millions $ pour commémorer la Guerre de 1812, ils refusent de payer des funérailles décentes aux anciens combattants qui en font la demande. Il faut quand même le faire: depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, les conservateurs ont rejeté 67% des demandes formulées au Fonds du souvenir, chargé de défrayer les coûts des funérailles des vétérans sous le seuil de la pauvreté.
La campagne électorale est dans son dernier droit et plusieurs des commentateurs qui ont déjà entrepris d'en faire le bilan ont noté que d'importantes questions, pourtant criantes il y a quelques semaines à peine, ont depuis été totalement escamotées. Au nombre d'entre elles: ces millions que les payeurs de taxes québécois versent à l'État canadien pour la coopération internationale et qui, en retour, ne se traduisent absolument pas par un soutien canadiens aux organisations de solidarité de chez-nous.
Les théocraties sont en effet largement représentées sur la planète. On pense évidemment à l'Arabie saoudite et à l'Iran, qui appliquent la charia comme loi d'État. Ces pays imposent leur variante de la religion dominante à toutes les personnes vivant sur leur territoire, qu'elles soient musulmanes ou non. Le gouvernement saoudien menaçait d'ailleurs cette semaine d'expulser les étrangers qui ne respecteraient pas les pratiques liées au ramadan.
Notre conservateur en chef a choisi la belle saison pour continuer de couper dans notre société et de raser les acquis du passé loin des yeux de son peuple parti faire du pédalo au chalet. Et hop, un petit coup de trime par-ci, un petit coup de débroussailleuse par-là , une subvention dans le tordeur, un chèque à la déchiqueteuse, des emplois taillés en pièces...
Les conservateurs nous prennent-ils pour des poissons prêts à gober n'importe quoi? C'est à tout le moins l'impression que je retiens de la décision de réécrire la Loi sur les pêches en lui enlevant tout son mordant, un geste que plusieurs considèrent comme contre-productif et coûteux à long terme.