Parlons d'abord de la disparition du Canada d'hier. L'une des caractéristiques essentielles de ce Canada était son caractère bi-national. Cet élément est pratiquement disparu sous l'effet combiné, d'une part, de l'affaiblissement de l'héritage britannique résultant du multiculturalisme canadien et, d'autre part, du remplacement de la nation canadienne-française par la nation québécoise.
Célébrer le 1er juillet, c'est célébrer un peuple, une histoire, des sacrifices accomplis par des générations d'hommes et de femmes qui ont donné ce qu'ils ont de meilleur pour leur pays. Des hommes et des femmes qui ont fait résonner de par nos frontières leurs valeurs de tolérance, de démocratie, de compassion, d'altruisme, d'ouverture.
Comment peux-tu te sentir d'un même pays qu'un type que tu rencontres et qui ne parle pas la même langue que toi, qui ne lit pas les mêmes livres, les mêmes journaux, qui n'écoute pas la même musique, qui ne prépare pas les mêmes mets, qui ne voit pas le même présentateur au téléjournal le soir à la télé et qui te regarde, l'oeil ahuri, quand tu lui parles, ému, de Passe-Partout? Comment t'appelles ça toi?
Hier, j'habitais dans un Canada qui était une terre d'accueil pour nombre d'immigrants voulant trouver une vie meilleure. Hier, une partie de ma famille qui habite aux États-Unis vivait dans un pays pris avec une chasse aux sorcières envers les illégaux. Aujourd'hui, le tout a viré à l'envers en un clin d'œil.