Rouges contre verts, Québec contre Montréal, Souveraineté contre Fédération, vieux contre jeunes, Radio X contre toute intelligence, Trudeau contre Brazeau (et contre toute intelligence aussi), un avion de chasse contre Radio-Canada, Lulu contre le PQ, la gauche contre la droite, une matraque contre ta mâchoire, Quebecor contre Bell et Astral, Anglos contre Francos... on raconte même que Brault et Martineau feraient chambre à part.
Pauline Marois a voulu frapper fort dès sa prise du pouvoir pour ancrer la volonté de changement, tout en démontrant qu'un gouvernement minoritaire peut bouger. Elle n'a cessé de rappeler durant la campagne qui vient de se terminer comment elle était préparée pour cette tâche. Heureusement que le PQ n'a pas été pris par surprise par le résultat de l'élection, qu'est-ce que cela aurait été?
Faire porter sur les épaules des hauts salariés le coût des promesses électorales ressemble à une baguette magique de politiciens: on vous promet beaucoup, mais vous ne paierez pas puisque d'autres recevront la facture. Le gouvernement suivant pourra dire la même chose. Et les montants s'accumulent chaque fois. Une famille gagnant 275 000 $ paie actuellement 39 % d'impôts et de taxes. Jusqu'où pourra-t-on aller?
Dès le premier conseil des ministres hier, la hausse de 82% a été annulée. Et aujourd'hui, la loi 12 sera abrogée. Avec au passage un moratoire complet et permanent sur le gaz de schiste et la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-II. C'est maintenant un gouvernement d'action, d'audace et de changement qui est en place. Un gouvernement qui respecte ses engagements. Un gouvernement à l'écoute de ses citoyens. Un gouvernement qui va prendre soin de son monde et de son territoire. Un gouvernement d'avenir.
Le nouveau ministre Bernard Drainville responsable de la réforme de nos institutions démocratiques sera rapidement confronté à un vieux défi et un nouveau dilemme, à savoir comment injecter de l'équité dans notre mode électoral sans créer un parlement à l'italienne. Ainsi pendant que l'Italie a changé 37 fois de gouvernement depuis 1970, le Québec lui en a connu approximativement 12 au cours de la même période. On ne peut évidemment tout blâmer l'instabilité politique italienne sur son type de régime électoral, mais c'est le type de crainte qui a fait reculer plusieurs ministres à qui on a déjà confier de tels défis.
Même si ces développements sont significatifs, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour assurer que l'amiante demeure dans le sol et cesse de mettre en péril la santé humaine. Rappelons que l'amiante tue 90,000 personnes dans le monde annuellement, soit l'équivalent d'un Hiroshima par année depuis des générations. Au Québec, l'amiante a tué 373 travailleurs entre 2007 et 2010. Il faut arrêter l'hécatombe. C'est pourquoi l'extraction et l'exportation de l'amiante doivent être interdites par Québec et Ottawa.
Il faut croire Bouchard quand il dit qu'il n'aurait pas reculé. Sous sa gouverne, le Québec a vécu une grève illégale des infirmières de trois semaines. Les «douces» bénéficiaient de l'appui des Québécois. Le premier ministre Bouchard a dit non et forcé le retour au travail avec une des lois les plus dures de l'histoire du Québec (amendes individuelles salées, perte d'ancienneté...).
Des femmes qui ont brigué les suffrages et qui ont réussi à se hisser au poste de premières ministres ou de présidentes se comptent désormais par dizaines, dans le monde. Depuis une quarantaine d'années en effet, les pratiques d'action positive en faveur d'une meilleure représentation des femmes en politique se sont répandues. Même si nous sommes loin de la parité femmes-hommes en politique, force est de constater que la présence de femmes à la tête de pays, petits et grands, a contribué à changer la donne durant cette période.
Il est bien regrettable que des quartiers montréalais autrefois francophones se soient transformés aussi rapidement. Non pas qu'il faille déplorer l'apparition de la multiethnicité dans plusieurs secteurs de la ville. C'est là, au contraire, un enrichissement. Le grand mal, c'est plutôt l'exode massif des francophones vers les banlieues. Comment voulez-vous que les immigrants s'intègrent à la majorité si cette majorité n'est plus visible autour d'eux?