Monsieur Francoeur, J'ai pris connaissance d'un article signé par Karim Benessaieh sur le site de la presse.ca. Dans cet article, l'auteur rapporte que la ville de Montréal et ses policiers en sont à une impasse, que la ville prétend ne plus être capable de soutenir ses contributions à votre régime de retraite et qu'elle pense faire appel à un arbitre pour imposer un règlement. Apparemment, la situation vous a ulcéré mais, pardonnez ma franchise, je suis incapable d'être sympathique à votre cause.
Chers policiers, Je suis un des très rares citoyens qui peut vraiment apprécier la difficulté de votre travail. La plupart des citoyens oublient que vous êtes des salariés de la classe moyenne, que vous ragez aussi contre ce gouvernement qui semble corrompu, que plusieurs d'entre vous sont parents d'étudiants et que, si vous avez réussi à convaincre votre progéniture de rester chez vous, vous avez peut-être la lourde tâche d'intervenir auprès de ses amis.
Cette année encore, le 15 mars ne fut pas un de ces moments de grâce pour la conscience, cet organe que l'on dit unique à notre espèce et qui fait notre renommée parmi les nôtres. J'ai lu sur les réseaux sociaux un pseudo manifeste du « carré noir », un nouveau symbole en tissu mou à accoler à sa veste chez certains cyberactivistes. Je me suis sentie curieuse, j'ai donc scanné en diagonale ce qui me semblait être une justification d'essentialisme anarchiste dans les mouvements sociaux actuels.