Nous sommes à quelques jours du plus grand rassemblement pour l'environnement et le bien commun de notre histoire. À l'épicerie, au restaurant, dans la rue, les gens m'accostent pour me dire qu'ils seront présents. Des jeunes, surtout, mais aussi des baby-boomers qui reprennent du service, comme la mère d'un ami, qui, à 65 ans, a encore en elle la soif de justice qui l'a fait descendre dans la rue il y a quarante ans. Pendant que Montréal est en ébullition, de partout au Québec, on reçoit les échos des régions qui se mobilisent pour ce rassemblement historique du 22 avril.
Le Canada peut encore devenir un chef de file sur les questions d'énergie, des droits humains ainsi que dans les discussions et les négociations internationales. Les solutions ne sont pas radicales. Il s'agit simplement d'adopter des mesures raisonnables, comme le ralentissement de la production de sables bitumineux, l'élimination des subventions gouvernementales à une industrie qui n'en a pas besoin, l'augmentation des redevances, la mise en place d'une réserve pour les temps difficiles, l'adoption d'habitudes de conservation d'énergie et le soutien au développement d'énergies renouvelables.
Les conservateurs de Stephen Harper ne cachent aucunement que leur unique stratégie économique consiste à exploiter au maximum le pétrole des sables bitumineux. Depuis quelques mois, alors qu'ils apparaissaient de marbre devant toutes les récriminations ou mobilisations populaires sur quelques enjeux politique, social ou encore de droit que ce soit, ils sont soudainement secoués devant les luttes citoyennes et les campagnes environnementales qui appellent à davantage de contrôle sur l'industrie extractive canadienne.