S'il faut en croire certains groupes environnementalistes, le projet d'Enbridge visant à inverser le flux du pipeline Sarnia-Montréal en vue d'acheminer du pétrole de l'Ouest vers le Québec est une mauvaise idée. Les sables bitumineux sont sales, disent-ils, et les pipelines sont dangereux. Ils veulent que les gouvernements fassent échec au projet. De toutes les positions adoptées par le mouvement anti-pétrole au Canada, celle-ci doit être considérée comme l'une des plus déraisonnables.
Une gigantesque partie d'échecs pétrolière s'est ouverte sur l'ensemble de l'Amérique du Nord. L'industrie pétrolière étend ses tentacules sur l'ensemble du continent à travers un réseau d'oléoducs projetés qui visent à acheminer le pétrole des sables bitumineux vers les régions côtières et le marché mondial. Au centre de la pieuvre, Fort McMurray. Aux extrémités, les raffineries du Texas, la côte de la Colombie britannique, et maintenant... Montréal et le Québec, et éventuellement le golfe du Maine.
Est-ce que notre bien-être et notre bonheur se trouvent augmentés lorsque nous conduisons des autos qui ne sont pas efficaces, achetons et jetons pour acheter plus de choses qui nous demandent de travailler plus fort afin de pouvoir se les payer, et que nous vendons des ressources qui enrichissent l'industrie des combustibles fossiles et permettent à d'autres pays de suivre cette route qui n'est pas durable?
Je crois que les projets de développement énergétique doivent faire l'objet d'évaluations environnementales sérieuses. On ne peut pas, par exemple, se lancer tête baissée dans la construction de pipelines sans réfléchir collectivement aux avantages et inconvénients que comportent des projets de telle envergure. Développer, d'accord, mais pas à n'importe quel prix.