Dans la nuit de dimanche à lundi, des vandales ont fracassé des vitres des bureaux de mes collègues Pierre Duchesne, Léo Bureau-Blouin et du mien. Le geste est à la fois lâche et dérisoire. Lâche, car les auteurs n'ont pas eu le cran d'assumer leur acte, leur position, leur conviction, si tant est qu'ils en aient. Dérisoire, car s'il s'agit de soutenir le mouvement étudiant, cela lui nuit, évidemment.
Depuis quelques jours le gouvernement s'applique à diminuer les attentes des uns et des autres et on le comprend. Le tour de force consisterait à vider des questions aussi importantes que la qualité de l'éducation au niveau collégial et universitaire, son financement à long terme, la cohérence dans la gestion des établissements ...en 12 heures de discussions réelles avec 60 participants au tour de la table.
L'objectif du gouvernement Marois est désormais clair. Avec l'atteinte, à vitesse grand V, du déficit zéro, le gouvernement péquiste veut être en mesure de se présenter devant l'électorat avec un budget équilibré et un consensus imposé au milieu universitaire, et ce, avant la fin du printemps. Or, en faisant l'économie de la nécessaire réflexion qui s'imposait après le printemps étudiant, le gouvernement ne fait que repousser une problématique qui, elle, ne se résoudra pas d'elle-même.
Comment rater la première journée de rentrée parlementaire? Voter avec l'opposition pour dénoncer ses propres compressions en éducation, composer avec un député (Daniel Breton) qui roupille au début de la période des questions et passer l'avant-midi à répondre à Jacques Parizeau sur la gratuité scolaire.