L'Alberta est une île. Cela semble fou mais, géostratégiquement, c'est bien une île continentale, isolée, sans accès à la mer, sans port et à la merci totale de ses voisins adjacents qui l'encerclent. Mauvaise nouvelle, elle a concentré depuis un demi-siècle tous ses jetons dans une stratégie industrielle qui passe par l'exportation. L'exportation du pétrole...
Une gigantesque partie d'échecs pétrolière s'est ouverte sur l'ensemble de l'Amérique du Nord. L'industrie pétrolière étend ses tentacules sur l'ensemble du continent à travers un réseau d'oléoducs projetés qui visent à acheminer le pétrole des sables bitumineux vers les régions côtières et le marché mondial. Au centre de la pieuvre, Fort McMurray. Aux extrémités, les raffineries du Texas, la côte de la Colombie britannique, et maintenant... Montréal et le Québec, et éventuellement le golfe du Maine.
L'Alberta Enterprise Group fait cette semaine une visite au Québec pour promouvoir cette province et son industrie des sables bitumineux, celle-là même que le magazine National Geographic qualifiait de « Dark Satanic Mills » en 2009. Les gens d'affaires du Québec se pressent pour rencontrer ce groupe et lui démontrer toute leur sympathie.