Merci au Huffington Post Québec d'offrir cette tribune aux gens de 65 ans et +, que j'appelle avec affection: les vieux. J'ai atteint l'âge de 71 ans. Mon doctorat m'a été remis par l'Université de la Vie. La majorité des vieux sont autonomes, actifs et engagés et peuvent contribuer au débat social. Faire taire les gens âgés parce qu'ils radotent le passé, c'est vouloir effacer tout ce que la vie nous a appris pendant 50, 60 ans et plus. Tout ce savoir deviendrait périmé. Elles sont rares les tribunes pour nous. Les vieux ont tellement à raconter.
Soigner une personne âgée, ce n'est pas juste la laver. C'est aussi maintenir ses acquis, lui offrir des possibilités de socialisation, lui offrir des moyens de se sentir utile, lui donner des outils pour avoir le goût de se battre pour son autonomie et pour rester à la maison le plus longtemps possible, dans les meilleures conditions possibles.
Certains directeurs d'hôpitaux et de centres de soins de longue durée se font une gloire de dépenser le moins possible pour l'alimentation des patients! Loin d'être une gloire, je crois que c'est une honte de consacrer aussi peu que 5 $ par jour pour nourrir convenablement une personne très malade au Québec en 2012. N'importe quel chef de famille responsable sait très bien qu'il doit accorder au moins 10 $ par jour en aliments pour accéder à une alimentation saine, variée, sécuritaire et appétissante.