Il semble que l'on soit aujourd'hui confrontée à un paradoxe: alors qu'en théorie l'opposition n'a jamais été aussi unie et reconnue (concomitamment aux progrès lents mais réels réalisés sur le terrain), en réalité le fossé est devenu presqu'insurmontable entre partisans et opposants de l'ingérence extérieure, protecteurs et adversaires de l'islamisme radical, religieux et laïcs. C'est précisément sur ces contradictions que mise le régime baathiste pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible.
En vérité, des démocrates, des libéraux, des progressistes syriens qui n'ont cessé de s'opposer à la dictature baasiste (alors que de nombreux chefs rebelles d'aujourd'hui la soutenait) qui, pour cette raison, ont été martyrisés, écrabouillés, il y en a, il y en a même beaucoup, ce sont d'authentiques héros, mais la radicalisation de l'affrontement par la faute de Bachar Al-Assad, les a marginalisés et, surtout, l'Occident, dont la France - celle de Hollande comme celle de Sarkozy -, les a laissés choir pour complaire à l'Arabie Saoudite et au Qatar devenus leurs incontournables financiers. Et un peu aussi les nôtres.