C'est tout à fait particulier de voir aller les membres et partisans du Parti libéral et de la Coalition Avenir Québec depuis l'élection du Parti Québécois le 4 septembre dernier. Ceux mêmes qui dénonçaient haut et fort le supposé immobilisme du PQ, qui à leurs dires voulait gouverner à coups de moratoires, font en fait tout en leur possible pour que le gouvernement fasse du sur-place et que le Québec cesse d'avancer, et même recule à de nombreux égards.
Après une première année au Parlement canadien, les médias anglophones du pays parlent déjà d'Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada et députée de Saanich--Gulf Islands (Colombie britannique, près de Vancouver), comme étant la véritable leader de l'opposition. Une tendance qui n'est pas sans déplaire à Thomas Mulcair, chef du NPD, largement mieux armé en effectif de députation que l'ancienne dirigeante du Sierra Club Canada.
Les critiques déplorent le fait que le Canada soit en train de changer profondément sans débat réel sur la nature de ces changements. Le blâme revient certainement aux médias et aux partis de l'opposition. Les médias se concentrent plus sur le « dernier » scandale ou la « nouvelle » la plus sensationnelle tandis que les partis d'opposition cherchent plus souvent à faire les nouvelles qu'à répondre aux sujets d'importance.
L'affaire des Pussy Riot est délicate, plus ambigüe qu'elle ne nous a généralement été présentée. Peut-être parce qu'il est plus facile de se représenter les faits sous une forme manichéenne (entre les ''gentils'' opposants politiques et un ''méchant'' pouvoir corrompu et anti-démocratique), en calquant la façon dont les démocraties occidentales ont tendance à voir le monde sur des événements difficile à interpréter.