Je me suis levé ce matin, le cœur léger, empreint d'excitation, car c'est jour de vote. Mais pas n'importe quel jour de vote. Aujourd'hui, je l'espère, marquera un pas important dans l'Histoire du peuple québécois. Peut-être même que ce sera le début de la construction de notre « pyramide égyptienne » à nous, peuple historiquement opprimé, bafoué, voire ridiculisé par les autres provinces, certains anglophones et trop souvent, nous-mêmes. Rappelons-nous, en ce 4 septembre 2012, que si nous allons aux urnes aujourd'hui, et fort probablement avec un taux de participation historique, nous le devons aux étudiants et étudiantes de ce printemps érable.
Aujourd'hui, le mouvement étudiant québécois, si créatif et engageant, s'engage à tisser son chemin à travers la marche pour le Jour de la Terre à Montréal, fusionnant rouge et vert pour symboliser ses demandes pour un gel des frais de scolarité avec un respect pour la planète et ceux qui sont le plus touchés par les changements climatiques. Espérons que leur rencontre ne sera pas passagère, mais que la connexion s'approfondira et fleurira.
« Ma responsabilité est de rappeler aux directeurs d'établissements des universités et des cégeps que toutes les mesures doivent être prises pour que les cours puissent se donner », a dit Line Beauchamp le mercredi 11 avril. Ça a l'air un peu dur, fâché, mais pas déraisonnable. On comprend que la ministre est excédée. On ne bafouera pas davantage son impérieuse autorité. Mieux : les sondages semblent être de son bord.
Tel un menuisier, Jean Charest essaie de se bricoler une fenêtre électorale. La vérité n'est pas un outil dans un coffre à l'éthique aussi croche que les doigts de l'artisan. Et parce que lui-même sait que tôt ou tard, le mandat de sape de la nation québécoise qu'on lui a confié finira bien par finir, pourquoi entretenir une vision à long terme? Jean Charest, ancien chef conservateur, est un lobbyiste au service d'une vision ultra-fédéraliste du Canada. Son client sera satisfait. Il sera récompensé.
Le Québec est redevenu une entité vibrante, grouillante, vivante et axée sur une piste dont les horizons demeurent malgré tout quelque peu embrouillés, en dépit des nombreux soubresauts qui peuvent secouer certains milieux de notre société remplie, pourtant, de belles promesses, de projets qui, tous, peuvent être enthousiasmants...
J'ai récemment appris que des étudiants du Cégep de St-Hyacinthe souhaiteraient invoquer des dispositions de la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants pour dissoudre leur association. Des sources anonymes confirment que le RÉÉCSH (Regroupement des étudiants et des étudiantes du Cégep de Saint-Hyacinthe) violerait ses propres règles de fonctionnement et refuserait l'accès aux documents constitutifs et à la charte associative à ses propres membres qui seraient partisans d'un retour en classe
Alors que le Québec a subi, au mois de mars des records de chaleur inégalés, alors que l'Europe souffre d'une sécheresse précoce pour la saison, alors que la saison des ouragans aux États-Unis fut encore destructive, alors que l'Afrique meurt toujours, vous voulez transformer le nord du Québec en une usine polluante à ciel ouvert, vous voulez transformer le paysage québécois en une vaste autoroute remplie de camions pour soutirer jusqu'à la dernière goutte de pétrole, jusqu'à la dernière molécule de gaz, tout cela au profit des compagnies privées et des banques.Nous disons non, Monsieur Bachand.
L'argument central est simple: toute hausse des droits de scolarité mettrait à mal non seulement l'accessibilité aux études universitaires, mais les principes mêmes de la justice et de la solidarité sociale. Ces petits coups de force rhétoriques ont bien sûr pour effet de caser tous ceux qui reconnaissent la pertinence de cette hausse dans le camp des méchants « néo-libéraux », des individualistes désancrés et insensibles à la misère des autres. Un bien triste sort pour ceux et celles qui n'entrent pas dans la marche et qui ne bénéficient pas de cette surexposition médiatique consentie au camp adverse plus bruyant et sans doute mieux organisé.
Pauline Lortie, la mère de ma mère, est née en 1929. Il lui arrive parfois de suivre des cours de science politique à l'université du troisième âge. À 83 ans, elle fait partie de cette génération qui a vu naître un Québec moderne laissant place à un projet de société inspirant. De Maurice Duplessis à Jean Lesage, elle a vu le système d'éducation évoluer. Elle a été aux premières loges de la création de l'accessibilité aux études.
Voilà plusieurs jours que j'entends dire différentes choses qui me boguent sérieusement à propos de la grève étudiante. En voici trois.D'abord, est-ce qu'on pourrait arrêter de prendre les étudiants pour des enfants? Quand ce n'est pas le maire Tremblay qui dit que les parents devront faire la leçon à leurs enfants, c'est la ministre Beauchamp qui les sermonne comme une maman en les priant de retourner en classe sous peine de sérieuses conséquences, ou le chroniqueur de circulation de Radio-Canada qui laisse entendre que ce seront les parents qui écoperont du paiement des contraventions encourues par les blocages. Les étudiants ont en grande majorité atteint l'âge adulte, parfois même avancé , et il serait temps qu'on commence à s'adresser à eux comme tel, comme des citoyens à part entière, ce qu'ils sont d'ailleurs.
Ça me prend un peu au ventre ces jours-ci. Je regarde défiler les images de violence, d'abus, de brutalité. Ça me fait mal ici. Juste ici. Près du coeur. Le mouvement étudiant est fort, uni et solide. C'est beau, ça me fait du bien, ça me donne espoir. Mais, il y a un déséquilibre de forces évidentes. Tu ne me fais plus croire en la démocratie. Certes, je suis de plus en plus cynique face à cet idéal. Et toi, tu arrives à coups de bombes assourdissantes et tu détruis de plus belle mon rêve. SPVM, tu m'indignes.
Je suis contre la hausse des frais de scolarité, j'en aurais, moi aussi, long à dire au ministre de l'éducation s'il se trouvait devant moi et je m'évertue à convaincre mes proches qui ne comprennent pas la grogne étudiante du bien-fondé de notre contestation. Pourtant, lors du référendum facultaire, je n'ai pas voté pour la grève. Je n'ai même pas voté contre. Je me suis abstenu, comme une poignée d'autres étudiants de la faculté.