Gramsci a aussi défini une crise sociale par la célèbre citation: "La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître". Dans le contexte d'un mouvement étudiant contre une hausse injuste des frais de scolarité universitaires qui a muté en une crise sociale sans précédent au Québec (et au Canada), il est fascinant de constater à quel point il est facile de trouver une figure qui incarne parfaitement le vieux.
Ceux qui se sentent impuissants devant la rage de cette jeunesse qui déferle à grands coups de créativité, de pacifisme et de joie de vivre, mais qui refuse obstinément de se taire, n'ont qu'une explication: ce sont des enfants rois. On leur a toujours tout donné tout cuit dans le bec et ils sont incapables d'essuyer un refus. Pourtant, ils sont le pur produit d'une évolution sociale qui se révélera sans doute salutaire pour l'avenir du Québec.
Alors que le FBI, Scotland Yard et la Police judiciaire française, dont la direction du renseignement, exigent des futurs membres et ce, depuis des lunes, l'école de droit pour faire partie de leur organisation, le Québec en grande partie à cause des syndicats de policiers, a choisi le modèle de l'école technique et d'une courte formation spécialisée à son école de police. Alors que les universitaires composent l'essentiel des troupes au sein des forces de l'ordre dans les grandes démocraties, nous avons choisi de traiter nos policiers comme de simples techniciens du recours à la force.