Se battre contre le capitalisme, c'est comme vouloir éliminer les maringouins de la surface de la Terre. C'est ridicule, dangereux, voire impossible. Rappelez-vous donc que vous avez tout ce que vous avez GRÂCE au méchant capitalisme. Tous vos loisirs sont capitalistes. À moins que votre activité favorite ne soit de récolter de l'eau de pluie avec des feuilles vertes. Note : se promener à Bixi, c'est très capitaliste.
Une manifestation, c'est rarement une partie de plaisir, il y a des tensions partout: entre les manifestants et les policiers, entre les passants et les policiers, entre les passants et les manifestants, entre les manifestants et les manifestants. Il faut une certaine expérience et une bonne dose de contrôle de soi pour rester posé dans une manifestation lorsque ça pète, l'adrénaline est forcément au rendez-vous et beaucoup de gens se sentent menacés.
N'est-ce pas mieux d'accepter les dernières offres liées à la bonification des prêts et bourses, obliger un meilleur financement des universités et ensuite, réclamer un véritable plan des générations? Un plan de match qui saurait répartir le poids financier de notre système équitablement par génération?
Serait-il possible que les policiers ne se présentent ni dans les assemblées générales des actionnaires de SNC-Lavalin, ni dans les réunions d'assemblées syndicales, ni dans les activités de financement du PLQ parce qu'ils savent qu'ils n'y sont pas les bienvenus, qu'il s'agit de discussions entre citoyens qui sont dans leur droit de discuter? Croyez-vous qu'avec n'importe quel autre groupe que les étudiants, le gouvernement laisserait le conflit s'éterniser aussi longtemps?
Mon grand-père avait pour son dire: «Quand le feu pogne dans maison, peu importe qu'il aille commencer dans la cuisine ou ben non dans le salon, tu l'éteins.» En ce moment, que les étudiants soient violents ou non, qu'ils boycottent ou qu'ils grèvent, on s'en fout. Ce qui est important, c'est qu'en ce moment, le point de rupture est bientôt atteint. Bientôt, des sessions devront être annulées, bientôt, les esprits vont s'échauffer, bientôt, les impacts économiques vont s'aggraver. Bientôt, il sera trop tard.
Les médias sociaux tuent les idées à trop les répéter. Demain, à l'avoir trop consommée, l'ignominie de Charest ne sera qu'une banalité. Notre colère sera déjà consumée, comme un feu trop attisé. Demain, les petits chats seront de retour sur notre Facebook, et nous boirons notre Oasis. Et Charest, de continuer de sourire.
Deux appels se sont fait entendre ce printemps au Québec; celui du mouvement étudiant pour le gel des droits de scolarité et celui pour la protection de l'environnement et de nos richesses naturelles à l'occasion du jour de la terre ce 22 avril. Ces deux appels, entendus par des milliers et des milliers de Québéois et de Québécoises, ont ceci en commun qu'ils exigent un débat de société visant une réelle transformation!
Nous sommes à quelques jours du plus grand rassemblement pour l'environnement et le bien commun de notre histoire. À l'épicerie, au restaurant, dans la rue, les gens m'accostent pour me dire qu'ils seront présents. Des jeunes, surtout, mais aussi des baby-boomers qui reprennent du service, comme la mère d'un ami, qui, à 65 ans, a encore en elle la soif de justice qui l'a fait descendre dans la rue il y a quarante ans. Pendant que Montréal est en ébullition, de partout au Québec, on reçoit les échos des régions qui se mobilisent pour ce rassemblement historique du 22 avril.
Chers membres de l'élite, sachez que la lutte goûte bon aux étudiants. Même dans la connerie de votre autisme. Même dans le dialogue de sourds. Même couverte de votre ridicule. Elle goûte le printemps, l'espoir. Nous sommes peut-être cernés de nuits blanches et de longues journées, mais nous ne sommes pas fatigués. Pour nous, la lutte ne fait que commencer. Elle nous alimente. Votre date butoir n'est pas la nôtre.
Cela fait désormais huit semaines que les étudiants sont dans la rue, que les classes des universités sont vides. Cela fait désormais huit semaines qu'une grande partie de la jeunesse étudiante du Québec tente de faire passer un message somme toute simple au gouvernement : la hausse de 75% des frais de scolarité ne peut que nuire à l'accessibilité aux études. Cela fait aussi huit semaines que le gouvernement ignore souverainement les doléances étudiantes, faisant passer pour du « leadership » ce qui est en réalité de l'obstination et de l'entêtement. Huit semaines de condescendance et de cynisme.
Il n'est pas rare qu'à la sortie d'un bar ou d'un spectacle hip-hop, les spectateurs soient accueillis à leur sortie par l'escouade Eclipse (la cellule du SPVM dédiée à combattre le crime organisé et les gangs de rues). Pourquoi? Car on estime que ce genre de musique attire le crime organisé. On ne fait pas distinction, on met tous dans le même panier. Il y a une ligne claire à tracer entre le gangsta rap et le hip-hop.
Mon directeur de maîtrise, humaniste au savoir encyclopédique, nous disait avec un petit sourire en coin : «Les Anglais font des réformes et les Français font des révolutions.» Et les Québécois font des révolutions tranquilles, ai-je pensé. J'ai passé deux des plus belles années de ma vie au XVIIIe siècle et je m'y réfugie encore parfois, au milieu d'une rêverie révolutionnaire anachronique.
Cette année encore, le 15 mars ne fut pas un de ces moments de grâce pour la conscience, cet organe que l'on dit unique à notre espèce et qui fait notre renommée parmi les nôtres. J'ai lu sur les réseaux sociaux un pseudo manifeste du « carré noir », un nouveau symbole en tissu mou à accoler à sa veste chez certains cyberactivistes. Je me suis sentie curieuse, j'ai donc scanné en diagonale ce qui me semblait être une justification d'essentialisme anarchiste dans les mouvements sociaux actuels.
Salut le jeune, C'est moi, le passant. On se croise souvent ces temps-ci, au centre-ville. C'est vrai que je ne m'attarde pas trop, je suis pressé. Comme on n'a pas trop le temps de se parler, je vais me décrire brièvement : j'ai trente-cinq ans, quarante ans, cinquante ans peut-être. J'ai un boulot, des enfants, une auto, un patron, une femme, un bungalow, une télé 46" Panasonic, trois semaines de congés (j'arrive du Sud), des REER, je fais l'épicerie le samedi, je brunche le dimanche. Au printemps, la fin de semaine, je fais des rénos, comme on dit. Voilà, je pense que j'ai fait le tour.