Le gouvernement québécois en est encore à gérer les troubles du printemps dernier et cible l'enseignement supérieur. En éducation il y a d'autres besoins criants comme le décrochage scolaire scandaleusement élevé, la grosseur des classes et l'intégration des élèves en difficulté... mais de ça il n'en sera pas question. Pendant ce temps on apprenait que le gouvernement a discrètement retranché 50 millions de dollars dans le budget qui servait à diminuer les listes d'attente pour opérer une cataracte, un genou, une hanche. C'est, au total, 400 millions de dollars de moins dans le budget du réseau de la santé à récupérer d'ici le 31 mars.
Saviez-vous que même Camille Robert, co-porte-parole de la CLASSE, ne sait plus pourquoi ils manifestent? «Tout ça s'inscrit dans un contexte. C'est pas seulement la hausse des frais de scolarité, mais c'est aussi la taxe santé, la hausse des tarifs d'électricité, donc c'est tout ça qu'on dénonce aujourd'hui (La Presse).» Un contexte. Tarifs d'électricité. Tout ça, dit-elle. Hum.
Après des semaines de manifestations, il est évident que le problème va plus loin que la question de la hausse des frais de scolarité. Les manifestants nous forcent à nous poser une incontournable question : à quoi sert un gouvernement ? Gouverner, c'est établir des priorités. Les étudiants se rendent bien compte qu'ils ne pèsent pas lourd dans celles-ci.