Pour un gouvernement péquiste se prétendant social-démocrate, renoncer de se mouiller sur la loi municipale P-6, malgré des déclarations dénonciatrices de la Ligue des droits et libertés et de l'Association des juristes progressistes, relève de la mauvaise foi. On se souviendra toutefois que le Parti québécois avait décrié à maintes reprises le projet de loi 78, le dénonçant comme un bâillon à la liberté d'expression, eux qui ont eux-mêmes participé à quelques manifestations sans qu'un itinéraire ait été fourni aux autorités policières et qui ont de fait utilisé cette prise de position comme un argument électoraliste.
On se demande toujours comment ça peut arriver, on regarde l'Iran et l'on souhaite qu'ils avancent, qu'ils se démocratisent. Peut-être que Manu Militari et les autres avaient raison, peut-être que nous nous plaignons de presque rien, ou alors de si peu, mais peut-être que non, peut-être qu'il faudrait aussi tendre l'oreille, penser que c'est parfois dans la subtilité qu'une démocratie devient un état policier.
Il y a un an, les premiers votes de grève commençaient à rentrer, depuis, bien des choses ont changé. Est-ce que les étudiants ont gagné? Difficile à dire. Il reste qu'il y a un peu moins d'un an, des gens ont tenté de transformer une grève en boycott et qu'aujourd'hui, avec la même finesse, «l'indexation est un gel».
Lors des manifestations bruyantes des étudiants en 2012, j'ai regardé à la télévision ce qui me semblait un grand party d'étudiants. Des démonstrations dans la rue qui me rappelaient les grandes marches et les grands rassemblements des années 60 et 70. En consultant leur manifeste, je relisais les manifestes de l'époque de la révolution tranquille et même bien avant comme le Refus global, l'Option souveraineté-association, celui du FLQ et de tant d'autres, même sur la scène internationale. Et je me suis dit: rien de nouveau sous le soleil.
J'aime parler des sondages. Ça m'amuse. J'aimerais donc vous parler du sondage - d'une firme bien connue - auquel j'ai répondu très récemment et qui portait sur la politique provinciale. Il y avait sûrement aussi des questions sur la bière et les chars, comme d'habitude, mais j'm'en souviens plus. Évidemment, LA question était posée : Pour qui voteriez-vous s'il y avait des élections aujourd'hui, au Québec ?