Si l'on se fie à l'expérience précédente, pour devenir maire de la métropole, il faut d'abord être un ancien ministre libéral - dans ce cas-ci fédéral - qui jouit d'une certaine popularité et dont l'ascension politique au sein de son parti est bloquée. Donc, ça nous prend quelqu'un qui a fait le tour du jardin et qui veut transposer son ambition ailleurs. Ensuite, on doit créer un certain suspense autour de notre «possible» candidature.
Denis Coderre est un personnage en soi. C'est une évidence que de le dire. Celui qui s'est bâti une stature publique par son franc-parler et par une habile mise en marché sur les médias sociaux est désormais pressenti comme candidat potentiel à la mairie de Montréal, en novembre 2013. Il ne s'en cache pas lui-même, faisant durer inutilement le suspense sur une nouvelle qui n'en est plus une, démultipliant les entrevues (Larocque-Lapierre, Tout le monde en parle) afin de ne pas annoncer sa non-candidature, tout ceci donnant naissance à des scènes quelque peu incroyables où des intervieweurs usent de contorsions langagières, de questions détournées afin de soutirer un semblant de réponse ou quelques idées au futur candidat. Idées qui ne viennent pourtant pas.
Une décennie après son Sommet de 2002, Montréal n'en finit plus de se chercher de nouvelles vocations. Ancienne plaque tournante de la traite des fourrures, port de mer ouvrant le continent et place commerciale de premier plan, Montréal peine à retrouver son leadership dans un contexte où les centres de décisions se sont déplacés vers l'Ouest canadien et où la délocalisation d'une importante part de nos activités économiques aura frappé de plein fouet une métropole pourtant dynamique.