La manipulation médiatique n'est pas un sujet nouveau. De la guerre en Irak à la Libye, l'information sert aussi l'intérêt diplomatique des grandes puissances occidentales. Mais depuis peu, l'Occident organise aussi l'interventionnisme informationnel dans les États dictatoriaux via ses firmes de cyber-répression. Ou quand l'Occident ne cesse de réinventer les formes de son ingérence.
À cette date anniversaire, deux questions restent en suspens: comment cet espoir de lutte peut se traduire dans des institutions et des politiques durablement à la hauteur? Comment éviter que cette jeunesse, qui a mis à plat ces régimes autoritaires, n'ait à subir la mise en place d'un nouveau modèle de régime autoritaire: celui de l'islamisme radical?
Le crétin qui a réalisé les tueries en Egypte et en Libye est l'exacte définition du troll : il l'a faite pour provoquer la réaction qu'il était certain d'obtenir. C'est ce que font les trolls. Ceux qui ont réagi étaient aussi des trolls, mais bien sûr, en pire. Ils auraient exploité n'importe quelle excuse - un film kitsch, clairement faux, que personne n'a vu - pour exciter leur bande de fanatiques à la violence. Les médias qui ont couvert ces trolls - ceux qui mettent l'hameçon et ceux qui le cherchent - sont dupes eux-mêmes, poursuivant un cycle qui va accélérer de plus en plus vite, jusqu'à ce que quelqu'un dise : "Stop. Arrêtez de nourrir les trolls."
Au début de la révolution en Libye, on s'est demandé si Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), tirerait avantage de l'anarchie du pays. Il apparaîtclairement qu'il y a au moins deux groupes salafistes radicaux qui en partagent au moins l'idéologie jihadiste salafiste. Le premier, qui a conduit les attaques contre le consulat américain en juin, s'appelle la Brigade pour la libération du prisonnier Sheikh Omar Abdulrahman, en référence au cerveau présumé des bombes du sous-sol du World Trade Center en 1993. Le second groupe se nomme Ansar al-Sharia, soit "les vainqueurs de la Charia".