Dans toute relation asymétrique, on distingue un acteur, le faible, qui cherche constamment à combler son retard, et se hisser au niveau de son adversaire. En se dotant de l'arme nucléaire, la Corée du Nord cherche à rattraper son retard, désormais béant, sur son voisin et rival. L'autre acteur de la relation asymétrique, le fort, a pour objectif de maintenir son avance, soit en hissant son propre niveau, soit en barrant la route du faible. En clair, l'équilibre ne lui convient pas.
La guerre de Corée aura lieu, c'est inévitable. Les chances que le continent américain soit fortement touché sont cependant faibles. Il reste que cette guerre pourrait marquer le pas: comme le 11 septembre aura confirmé la fin de l'État-nation comme unique détenteur de la capacité de projection de la force, la guerre de Corée pourrait confirmer la fin de l'hégémonie onusienne américaine.
Les provocations nord-coréennes concernant son arsenal nucléaire sont un moyen d'attirer l'attention sur ce «royaume» fermé, mais très appauvri, de demander de l'aide internationale pour nourrir ses campagnes et de rappeler au monde son existence. La tactique marchait sous Kim Il-sung et Kim Jong-il, elle marchera sous Kim Jong-un.