Un léger déficit pour l'année 2013-2014 ne remettrait aucunement en cause la solidité financière du Québec. Même le Conseil du patronat critique le «saupoudrage des réductions budgétaires» et appelle à une plus vaste réflexion sur les services publics et leur financement. Il est grand temps d'arrêter de nous demander où le couperet tombera la prochaine fois,
Alors que les Québécois sont déjà ensevelis sous une quantité hallucinante de taxes et impôts, voilà qu'un comité recommande d'en ajouter davantage. Dévoilé mercredi, le rapport d'Amours propose d'instaurer un nouveau programme social, en imposant une nouvelle taxe sur la masse salariale de 3,3 %, pour garantir un revenu supplémentaire aux retraités de 75 ans et plus.
Quoi qu'il en soit, alors que, il y a quelques années, on « scorait » en se vantant de travailler comme un malade, en grugeant sur ses heures de sommeil, il est désormais de bon ton de dire que l'on veille à dormir suffisamment... Et d'ailleurs la fondatrice du Huffington Post, Arianna Huffington, qui a entrepris de livrer une véritable croisade contre le manque de sommeil, aura sûrement fait beaucoup pour la cause...
Sur le plan mondial, l'absence d'harmonisation fiscale internationale permet aux paradis fiscaux d'exister et de se multiplier. Mais comment enrayer juridiquement les paradis fiscaux? Sur ce point, malgré l'existence d'institutions internationales, la gouvernance mondiale ne semble qu'une illusion. Elle est même hypocrite. La question de la gouvernance mondiale est très délicate. Mais il faut dénoncer sa forme actuelle, qui n'est ni démocratique, ni adéquate.
Dès leur prise de pouvoir en 2006, les Conservateurs se sont empressés de dépenser toutes les marges fiscales du gouvernement fédéral en abaissant la TPS à 6%, puis à 5%, se privant ainsi de revenus qui auraient atteint 14 milliards $ en 2014-2015. Ils ont aussi poursuivi les baisses du taux d'imposition des entreprises amorcées sous le régime libéral durant lequel il était passé de 28% à 21%, pour l'abaisser à 15%, se privant de 7 milliards $ de revenus annuellement.
J'ai payé en 2011 13 754 $ d'impôts au provincial, plus une somme indéterminée de taxe de vente provinciale et autres tarifs. Que me suis-je procuré pour ce montant? Des soins de santé pour ma famille, l'éducation gratuite pour mes enfants, des dizaines de milliers de kilomètres de routes gratuites, des garderies à sept dollars, un des régimes de congés parentaux les plus généreux au monde, un système de justice, la sécurité publique, et finalement, en bonus, un filet de sécurité sociale, bien imparfait, qui permet de ne pas laisser les plus pauvres dans la rue.
Rouges contre verts, Québec contre Montréal, Souveraineté contre Fédération, vieux contre jeunes, Radio X contre toute intelligence, Trudeau contre Brazeau (et contre toute intelligence aussi), un avion de chasse contre Radio-Canada, Lulu contre le PQ, la gauche contre la droite, une matraque contre ta mâchoire, Quebecor contre Bell et Astral, Anglos contre Francos... on raconte même que Brault et Martineau feraient chambre à part.
J'entends depuis plusieurs jours dire qu'en taxant davantage les salaires de plus de 130 000$, on dévalorise le travail et l'effort, on freine le dépassement personnel. Je ne peux tout simplement pas admettre cette hypothèse. Autour de moi, il y a un paquet de monde qui travaille du matin au soir, ou même du soir au matin, d'arrache-pied, dans des conditions parfois très difficiles. Un paquet de monde qui essaie de gagner sa vie. Un paquet de monde qui essaie de faire mieux que la veille. Un paquet de monde qui fait du mieux qu'il peut en fait. Et ce paquet de monde-là n'a jamais même imaginé pouvoir gagner plus que 100 000$ par année.
Faire porter sur les épaules des hauts salariés le coût des promesses électorales ressemble à une baguette magique de politiciens: on vous promet beaucoup, mais vous ne paierez pas puisque d'autres recevront la facture. Le gouvernement suivant pourra dire la même chose. Et les montants s'accumulent chaque fois. Une famille gagnant 275 000 $ paie actuellement 39 % d'impôts et de taxes. Jusqu'où pourra-t-on aller?
Il est temps de rompre avec l'inertie fiscale. À défaut, les contribuables désireux de réduire leur fardeau fiscal vont se tourner naturellement vers la fraude fiscale ou l'évasion fiscale. L'impôt est nécessaire pour assurer le financement des services publics. Sans impôts, il ne peut exister de destin commun et de capacité collective à agir. Mais il ne suffit pas d'établir l'impôt. Encore faut-il qu'il soit juste et équitable. Si l'impôt est nécessaire, le système fiscal ne doit pas être une pression sur les contribuables.