N'est-ce pas mieux d'accepter les dernières offres liées à la bonification des prêts et bourses, obliger un meilleur financement des universités et ensuite, réclamer un véritable plan des générations? Un plan de match qui saurait répartir le poids financier de notre système équitablement par génération?
Il me semble que si tous les partis s'étaient unis pour demander un retour en classe le message aurait eu de l'impact autant sur les étudiants, les profs que les directions d'établissement. Après 13 semaines de conflit, les étudiants en grève sont dans une logique voulant que la session est, de toutes façons, foutue, donc aussi bien continuer.
Du côté des étudiants, que s'est-il passé durant cette vingtaine d'heures de négociations pour que cela se termine par une entente qui donne carte blanche au gouvernement? Et pourquoi les premières déclarations des présidents des associations, dont Gabriel Nadeau-Dubois et Léo Bureau-Blouin, allaient dans le sens de la victoire étudiante?
Le gouvernement Charest a invité les chefs des trois grandes centrales syndicales à participer aux négociations. Qu'est-ce que ceux-ci faisaient là? Le litige entre les deux camps ne les concerne pas du tout. Normalement, le rôle d'un leader syndical est de défendre les intérêts des travailleurs face à l'employeur, mais le syndicaliste québécois fait plus que cela dans notre province.
Dans une négociation, chacun doit faire son bout de chemin. Quand on annonce aux étudiants qu'on les fait venir un vendredi à 16 heures pour rouvrir le dialogue, pour parvenir à une entente, c'est qu'on est prêt à faire son bout de chemin. Sa «juste part» dans la négociation. Quand on les fait négocier pendant 20 heures de temps, passer la nuit debout, c'est qu'on s'attend à ce qu'enfin, il y ait compromis.
Ça commence par un coup de gueule, une idée criée plus fort que les autres. Ça commence par une opinion exprimée à voix haute qui ne plaît pas à tout le monde. Ça commence par un désir pressant de mettre en doute les mauvaises habitudes d'un gouvernement embourbé dans les scandales et corrompu par un manque patent d'éthique. Ça commence par des gens assis qui décident de se tenir debout.
Qu'arrive-t-il en décembre 2012 si, dans le cadre des travaux de ce conseil provisoire, on ne réussit pas à réinjecter dans la réduction des frais afférents et dans les services aux étudiants, les dollars prétendument consacrés aux mauvaises pratiques administratives présumées du milieu universitaire? J'ose à peine l'imaginer.
Cette mauvaise gestion, qui ne se limite pas qu'au monde de l'éducation, vous en êtes également coupable en tant qu'ancien premier ministre du Québec. L'élite politico-économique dont vous faites partie est responsable de l'endettement record du Québec, du délabrement de nos infrastructures et du plus haut taux de taxation d'Amérique du Nord. Vous parlez du gel et de ses effets néfastes avec le temps, pourtant vous n'avez pas eu le courage d'indexer lorsque vous étiez premier ministre. Malgré tout, aujourd'hui vous donnez la leçon aux étudiants
Serait-il possible que les policiers ne se présentent ni dans les assemblées générales des actionnaires de SNC-Lavalin, ni dans les réunions d'assemblées syndicales, ni dans les activités de financement du PLQ parce qu'ils savent qu'ils n'y sont pas les bienvenus, qu'il s'agit de discussions entre citoyens qui sont dans leur droit de discuter? Croyez-vous qu'avec n'importe quel autre groupe que les étudiants, le gouvernement laisserait le conflit s'éterniser aussi longtemps?