Le sondage réalisé par Léger Marketing et publié le samedi 20 octobre 2012, dans le Journal de Montréal nous interpelle tous à différents niveaux. À peine 51% des répondants connaissent en quoi consiste l'abattage rituel halal. L'autre moitié qui déclare le connaitre, nous ignorons leur niveau de connaissance et les sources qui leur ont permis de forger cette connaissance.
En s'attaquant au crucifix, Djemila Benhabib, s'en prend à la mauvaise cible. En effet, la présence du crucifix à l'Assemblée nationale est loin d'être un scandale. De nos jours, ce crucifix est davantage un symbole historique, relié au patrimoine historique québécois, et non plus un symbole strictement religieux. Au risque de me répéter, le débat n'est pas là. Et loin de moi l'idée d'alimenter la controverse, mais le véritable scandale se trouve plutôt dans les supermarchés à grande surface et dans l'épicerie du coin.
Encore une fois, une "journaliste" qui s'attaque à la communauté musulmane, aux Québécoises musulmanes en particulier, sur un registre autre que le halal, le voile. En s'érigeant en maitresse en exégèse, Isabelle Maréchal nous livre une "lecture moderne" du Coran où aucun verset, aucune sourate du Coran ne parle clairement de cette fameuse obligation de cacher ses cheveux ni son cou.
De retour d'une participation, le 30 mars dernier, à un atelier sur le thème Diversité, Médias et Représentation organisé par Multimédia & multiculturalisme, une initiative de l'Association Canadienne pour les Nations Unies, je me suis mis à répertorier les événements significatifs des cinq dernières années qui ont marqué la relation entre les médias et les communautés arabe et musulmane (Eh oui! Ce sont deux entités différentes) auxquelles j'appartiens.
Dire que la Coalition avenir Québec a perdu son momentum serait un euphémisme. Des chutes dans les sondages, ça arrive même dans les meilleures familles politiques. Le problème avec la CAQ de François Legault c'est que l'on ne voit pas le jour où ils vont remonter. Surtout s'ils s'entêtent à ne pas profiter du territoire inoccupé au centre droit.
Après toute la fausse polémique sur le Halal, nous posons la question, cette fois-ci au sein de la communauté musulmane elle-même. Est-ce vraiment Halal le poulet d'Olymel ? En lisant la lettre du service à la clientèle de l'entreprise au coeur de ce tsunami médiatique (ci-après), plusieurs parmi les Québécoises et Québécois de confession musulmane réfléchiront à deux fois avant d'acheter le poulet.
J'écris sous le coup de l'indignation. Québécois installé en France depuis huit ans, j'observe avec colère et inquiétude la dérive droitière du PQ. L'habitude de reprendre les polémiques créées par les conservateurs hexagonaux semble désormais acquise. De quoi s'agit-il? De la viande halal, de la viande casher. Mais surtout d'un froid cynisme. L'abattage des bêtes selon les rituels islamique ou juif serait cruel, nous dit le député péquiste André Simard, et ne correspond donc pas aux valeurs du Québec.
Des producteurs québécois m'ont affirmé ne pas avoir d'autre choix que de faire apposer la certification religieuse cachère sur leurs aliments. Sinon, certains grands supermarchés refusent carrément de les distribuer sur leurs tablettes, m'ont-ils assuré sous le couvert de l'anonymat. « Ils ne nous disent pas que c'est obligatoire, dans ces mots-là. Mais disons que c'est fortement recommandé. Nous voulons pouvoir vendre notre miel, alors nous le faisons certifier », m'a confié un important apiculteur québécois.
Alerte rouge! Les "valeurs québécoises" sont à nouveau en danger. Courez le dire à vos voisins. On croyait en avoir fini avec toutes ces musulmaneries, mais, après voir vaillamment mis un stop à la lapidation des femmes adultères à Hérouxville, nous voici à nouveau menacés. Dieu sait où saigner ces pauvres petites poules pourrait nous mener... Aux chiottes, tout au moins, puisque les animaux abattus selon le rituel halal (musulman) ou casher (juif) comporteraient un risque accru de contamination, selon le porte-parole péquiste en matière d'agriculture, André Simard. Vétérinaire de son métier, M. Simard pousse l'enveloppe plus loin en disant que ce type d'abattage est cruel et "ne correspond pas aux valeurs du Québec."
Avant tout chose, j'affirme que je n'ai rien contre Saint Glin-Glin-les-Meux-Meux. J'y suis allée à quelques reprises et j'ai trouvé cette région et ses habitants formidables. C'est clair? Ne m'envoyez pas de bottes de foin. Dans notre courageuse chasse aux accommodements déraisonnables, la sorcière du jour s'appelle Miss Viande Halal-Cacher.
L'industrie du halal est très porteuse dans les pays où l'on dénombre une présence musulmane même minoritaire. Malheureusement et contrairement à ce que croient beaucoup de gens y compris des musulmans, les consommateurs du halal sont souvent laissés pour compte à cause d'une industrie qui cherche à se faire de l'argent dans des segments de marché moins contrôlés et mal structurés et en l'absence quasi-totale de textes réglementaires qui normalisent la certification halal.
Les enfants d'un CPE de Montréal mangent de la viande halal. Les résidents d'un CHSLD de la métropole consomment des aliments cachères. Le Journal de Montréal rapportait récemment que les aliments sanctifiés par le clergé juif ou musulman ont fait leur entrée dans des établissements financés par le gouvernement du Québec. Les philosophies cachère et halal exigent que les animaux soient abattus d'une certaine façon, tandis que le rabbin ou l'imam récite une prière. Pour une société qui se targue d'avoir réussi à séparer l'État de la religion, ce constat a de quoi faire sourciller.