Pauline Lortie, la mère de ma mère, est née en 1929. Il lui arrive parfois de suivre des cours de science politique à l'université du troisième âge. À 83 ans, elle fait partie de cette génération qui a vu naître un Québec moderne laissant place à un projet de société inspirant. De Maurice Duplessis à Jean Lesage, elle a vu le système d'éducation évoluer. Elle a été aux premières loges de la création de l'accessibilité aux études.
Le véritable tour de force de cette mobilisation sans précédent est d'avoir détourné le débat sur des horizons beaucoup plus larges. La question n'est plus: pour ou contre la hausse des frais de scolarité? La question est: dans quelle société voulez-vous vivre? Une société où l'éducation est d'abord considérée comme une valeur marchande, ou une société où non seulement l'éducation, mais la participation citoyenne sont valorisées en soi?
Chers étudiants en boycott, (et pas en grève), je vous aime. Mais nous ne sommes pas d'accord sur la hausse des frais de scolarité à l'université. Et sur la gratuité. Parce qu'à certains moments, je ne sais plus trop ce que vous revendiquez. Ce qui ne coûte rien, en général ne vaut pas grand-chose. À part le soleil, la mer, les papillons, etc. C'est vrai jusque dans l'inconscient.