Dans tout ce débat qui perdure sur la question du financement des universités, plusieurs argumentaires s'opposent. Le mouvement d'opposition aux hausses des droits de scolarité des associations étudiantes aura inscrit ce débat avec plus d'urgence; il porte aussi sur des questions sociales et économiques constructives. Malheureusement dans les conditions actuelles, à très peu de temps du Sommet préparé en partie pour recréer une paix sociale, tout semble un capharnaüm...
En écoutant la radio mardi dernier, j'ai réalisé que Jacques Parizeau est un nobody pour bien des gens. Un nobody dont l'opinion vaut autant que celle de n'importe qui. Est-ce simplement une extension du peu de reconnaissance sociale que l'on témoigne envers nos aînés? Il y a quand même quelque chose d'indécent là-dedans. On devrait collectivement accorder plus de mérite aux interventions de nos anciens premiers ministres (péquistes). D'abord parce qu'il est sain et souhaitable qu'ils participent toujours au débat public. Mais aussi parce qu'ils disposent d'une incroyable expérience politique et publique qui ne peut être que bénéfique.
Je n'ai aucun problème à ce que des groupes et des individus revendiquent la gratuité scolaire, le droit à la dissidence, ou n'importe quoi qui reste dans les limites du bon sens. Là où je fulmine, c'est lorsque les menaces sortent avant même qu'on débatte réellement du sujet. On retrouve ici la bonne vieille ASSÉ, celle-là même pour qui les compromis sont signes de faiblesse, pour qui la grève est un moyen de pression parmi tant d'autres et non le dernier recours.
N'est-ce pas mieux d'accepter les dernières offres liées à la bonification des prêts et bourses, obliger un meilleur financement des universités et ensuite, réclamer un véritable plan des générations? Un plan de match qui saurait répartir le poids financier de notre système équitablement par génération?
Du côté des étudiants, que s'est-il passé durant cette vingtaine d'heures de négociations pour que cela se termine par une entente qui donne carte blanche au gouvernement? Et pourquoi les premières déclarations des présidents des associations, dont Gabriel Nadeau-Dubois et Léo Bureau-Blouin, allaient dans le sens de la victoire étudiante?
On nous ressasse la comparaison avec le Canada et les États-Unis, espérant que le Québec puisse les imiter. On reste les yeux rivés sur l'Amérique du Nord, en oubliant nos amis mexicains qui jouissent de la gratuité scolaire. Le discours économique vante la mondialisation, mais pour le financement de l'éducation on devient myope, restreint au modèle canado-étatsunien. On cite rarement les modèles de faibles droits de scolarité et de gratuité. Outre le Mexique, dans plusieurs pays d'Europe, l'université y est gratuite ou moins chère qu'ici.