Vous en avez probablement déjà entendu parler. Le ministre Jean-François Lisée et le Quebec Community Groups Network annonçaient conjointement que le Gouvernement du Québec allait financer la tournée québécoise du chanteur David Hodges pour la chanson « Notre home » à hauteur de 20 000 $. Quel éclair de génie a frappé le ministre pour qu'il appuie financièrement une « publicité » d'un groupe de pression qui vise le bilinguisme institutionnel?
En affirmant que «la loi 101 n'a pas et n'a jamais eu comme objectif d'intervenir dans la vie des couples et des familles pour leur dicter la langue qui s'y parlera», M. Jean-Pierre Proulx (Le Devoir, 3 décembre 2012) ne courrait aucun risque. En effet, malgré tout l'ascendant que M. Camille Laurin, parrain de la loi 101, avait acquis sur ses collègues du gouvernement péquiste élu en 1976, jamais René Lévesque n'aurait accepté que l'on veuille «intervenir» et «dicter» quoi que ce soit, pas même à propos de la langue. Cette idée n'a jamais effleuré l'esprit de M. Laurin.
Jacques Duchesneau a largué une bombe à fragmentation en soutenant que 70% des élections au Québec se font avec de l'argent sale. Selon lui, sévit un financement occulte de financement des partis politiques qui s'est développé en dehors des contrôles installés depuis des décennies.
C'est la suggestion que fait le SPQ Libre qui fait la promotion d'une alliance entre toutes les forces dites «progressistes» pour empêcher la réélection des libéraux de Jean Charest. Le SPQ Libre pousse le bouchon plus loin et estime que Françoise David, la co-chef de Québec Solidaire (QS), pourrait aussi accéder au conseil des ministres dans un gouvernement de coalition de Pauline Marois, s'ils sont élus bien sûr.
«Conne, blondasse, condescendante, matante bourgeoise, vendue, frustrée, jalouse sans talent, ignorante de banlieue, vieille peau qui ne comprend rien». Je ne suis pas un fan de Sophie Durocher. Mais Isabelle Maréchal a un show de radio pas mal du tout. La question : méritaient-elles ce genre d'insultes, malgré leur position par rapport au conflit étudiant? Je pense que personne ne mérite cela.
Je lance aujourd'hui un appel, qu'au-delà de la rue, de ces manifestations, de la désobéissance civile, du combat de terrain qui se mène, des casseroles, qu'émerge un véritable Québécois politisé; qu'il devienne membre d'un parti, qu'il crée des associations de comté, qu'il y milite, s'y joigne, participe, organise et transforme en or ce qui n'est que présentement et probablement qu'éphémère.
Au moins deux solutions pourraient satisfaire aux exigences d'un test de solidarité intergénérationnelle. La première consisterait à réduire quelque peu la hausse prévue des droits de scolarité d'une somme à récupérer auprès de la population active, sous la forme d'un impôt spécial sur le revenu. Dans l'esprit utilitaire qui l'anime, ce partage n'est pas injuste dans la mesure où la population active se dit majoritairement favorable à une hausse des droits de scolarité, alors même que ses leaders auraient sous-contribué (financièrement) au développement de l'Université.
Il y a quatre mois à peine, Jean Charest était à la tête d'un gouvernement usé et corrompu et semblait se diriger vers une défaite électorale aussi certaine qu'humiliante. Cette chute de rideau lui réservait une place peu enviable dans l'histoire, à mettre en parallèle avec le régime honni d'Alexandre Taschereau. Sauf que la grève étudiante lui a donné un nouveau souffle qui pourrait désormais le porter au pouvoir pour une 4e fois.
M. Charest fait un très mauvais calcul. On voit déjà ce que cette loi va donner: plus de pouvoirs aux policiers, moins aux étudiants, plus de manifestations dans la rue et moins de négociations en cabinet privé. En fait, il n'y aura plus aucune négociation, encore moins de médiation. Loin d'amener une pause et rétablir le calme, la loi fait craindre le pire.
Jean Charest a toujours semblé avoir sept vies. Chaque fois qu'il paraissait affaibli par une crise ou par la démission de l'un de ses ministres (Séguin, Bellemare, Couillard, Mulcair, etc.), il épatait les chroniqueurs politiques en rebondissant, tel un véritable chat politique, et en sortant une nouvelle carte de sa manche. Aujourd'hui, alors que le gouvernement annonce le dépôt d'une loi spéciale pour tenter de dénouer les fils inextricables de la grève étudiante qu'il a contribué à prolonger, je ne peux m'empêcher de penser qu'il flotte une certaine odeur de fin de régime sur le Québec.