Comme le Québécois moyen, j'aime les compromis et les mesures mitoyennes. Depuis le début du « conflit étudiant », j'ai peu manifesté. Ce soir du 20 mai, toutefois, j'ai décidé de me rendre avec une amie à la manifestation nocturne au centre-ville. Un peu nerveux et craintif certes, étant donné la « réputation » de ces manifestations, mais tout de même confiant que j'arriverais à éviter les problèmes.
Il y a de cela pas si longtemps, on disait que la jeunesse du Québec était morte, qu'elle s'exprimait mal, n'avait pas de projets de société, n'était pas intéressée à la politique, etc. Aujourd'hui, elle a su, depuis 100 jours de boycott des cours, prouver le contraire. Elle est bel et bien vivante.
Les associations étudiantes ont eu la tête de Line Beauchamp, ex-ministre de l'Éducation, mais il auraient tort de pavoiser. Cette petite victoire annonce peut-être une grande défaite. Car tant le premier ministre que son ministre des Finances, Raymond Bachand, ne veulent pas céder devant la grogne étudiante et Jean Charest est un homme têtu.
Un groupe d'élèves a décidé de dire « STOP » à ce que certains confondent à la démocratie. Lundi prochain, dans la salle 3.14 du Palais de Justice de Québec, à 8 :45 du matin aura lieu le procès en cours supérieure du « groupe des 10 » contre l'Université Laval, ses 2 syndicats, la Confédération de toutes les associations étudiantes, l'Association de Sciences sociales et l'Association d'Anthropologie. Si le juge tranche en faveur de Laurent Proulx et du «groupe des 10», cela constituera un précédent historique: le fait de bloquer l'accès aux salles de cours et pavillons deviendra illégal.
Je suis contre la hausse des frais de scolarité, j'en aurais, moi aussi, long à dire au ministre de l'éducation s'il se trouvait devant moi et je m'évertue à convaincre mes proches qui ne comprennent pas la grogne étudiante du bien-fondé de notre contestation. Pourtant, lors du référendum facultaire, je n'ai pas voté pour la grève. Je n'ai même pas voté contre. Je me suis abstenu, comme une poignée d'autres étudiants de la faculté.