Rassurée par une perception idéalisée de sa propre importance et de celle de sa langue, la France pourrait bien s'éveiller un peu tard face au rouleau compresseur de la mondialisation et au chant standardisant de ses sirènes monolinguistes. Il lui serait probablement utile de faire preuve d'humilité et d'écouter attentivement ses amis québécois qui ont une bien plus vaste expérience en la matière.
On rigole jaune-cirrhose dans la zone Euro ces temps-ci. Grosses instabilités économiques, dissensions politiques, inquiétudes sur l'avenir de la monnaie unique et des nations, chômage suffocant, plans d'austérité, etc. Et puis, dans ce bouillon merdique, il y a un ingrédient bien connu qui ressort encore. Dans l'incertitude, dans les périodes troubles, on a ce vilain réflexe de se rattacher aux vieilles traditions, aux vieilles mœurs, et on remet le nationalisme à l'ordre du jour.
Un sondage vient de révéler un fait pour le moins surprenant: les Français sont plus pessimistes pour l'année à venir que les Irakiens ou les Afghans... Comment se fait-il qu'une grande puissance millénaire comme la France, cette patrie éternelle des arts et des lettres, ce berceau du bien-vivre, certes actuellement fragilisée économiquement, mais protégée par un filet social confortable, comment se fait-il que son moral soit plus bas que celui d'un peuple bombardé?