Rassurée par une perception idéalisée de sa propre importance et de celle de sa langue, la France pourrait bien s'éveiller un peu tard face au rouleau compresseur de la mondialisation et au chant standardisant de ses sirènes monolinguistes. Il lui serait probablement utile de faire preuve d'humilité et d'écouter attentivement ses amis québécois qui ont une bien plus vaste expérience en la matière.
Il a fallu à Diane de Courcy cinq semaines d'écoute et de patience pour entendre tous ceux qui voulaient s'exprimer sur une des législations les plus importantes proposées par notre gouvernement: le renforcement de la Loi 101. J'ai rarement rencontré, dans ma vie journalistique et politique, une personne qui allie aussi bien détermination, intelligence et capacité d'écoute que la ministre responsable de la Charte de la langue française.
Le projet de loi 14 n'aurait que peu, ou pas, d'impact positif sur l'avenir du français. Au contraire, il contribuerait, s'il est adopté, à élever des barrières entre nous. Il donnerait l'image d'un gouvernement craintif, faible, n'hésitant pas à mettre les libertés en danger pour arriver à ses fins. Nous proposons à l'inverse la voie de la confiance et de la fierté partagée. Misons plutôt sur nos forces et, par-dessus tout, sur notre désir de vivre et de réussir ensemble.
Le désaccord concernant l'implantation dès le primaire d'un programme d'anglais intensif universel improvisé par le gouvernement libéral de Jean Charest aura été exprimé par plusieurs. Ce programme reposait sur une évaluation partielle d'un projet pilote mené au sein des commissions scolaires du Lac Saint-Jean. Le rapport d'évaluation ne permettrait d'ailleurs pas de conclure, sans réserves, au bien fondé de ce programme, ni de la pertinence d'en faire un programme universel pour les régions déjà bilingues de Montréal et de l'Outaouais.
Pourquoi j'écris? J'écris par nécessité. J'écris parce que, selon moi il est plus qu'urgent que le peuple québécois prenne en main son destin et s'affranchisse enfin de la tutelle du néocolonialisme canadien qui l'empêche d'exister. Parce que c'est bien de ça dont il est question, exister. Exister en tant que peuple. L'urgence me saute aux yeux lorsque je regarde Stephen et sa bande gouverner. Je me dis que le peuple québécois doit bien s'apercevoir qu'il n'a rien à voir avec cette farce monumentale qu'est le Canada. Alors j'écris.
Le président de la SSJB, Mario Beaulieu, est mécontent. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, il m'accuse de promouvoir «l'anglicisation» des services publics. Mon crime ? Avoir simplement dit tout haut, et en anglais, ce que stipule la loi 101 depuis 30 ans: si un employeur fait la démonstration que la connaissance de l'anglais est requise pour un poste, il peut réclamer la connaissance de l'anglais dans l'embauche pour ce poste.
L'élection d'un gouvernement minoritaire le 4 septembre dernier a rapidement conduit les analystes à comprendre que le gouvernement Marois devra négocier avec l'opposition pour faire voter certains éléments de son programme. Selon Michel David du Devoir, «le PQ ne sera pas en mesure de mettre en œuvre la 'gouvernance souverainiste'. Il faudra oublier la 'nouvelle loi 101' tout comme la citoyenneté québécoise, sans parler du référendum d'initiative populaire» (RIP).