Il suffit de traverser le pont Mercier et de rouler sur une distance de plus ou moins 10 kilomètres en direction de Châteauguay ou de ville Ste-Catherine pour constater l'ampleur du phénomène de l'économie à plumes. En roulant sur ces routes, on constate le nombre démesuré de petites cabanes pouvant offrir une panoplie d'articles répondant à tous nos désirs : cigarettes, cigares, alcool, essence, poker, bingo, et j'en passe. Nous pouvons obtenir tous ces articles et services en payant comptant, sans payer aucune taxe et, en prime, être servis dans un anglais impeccable.
Il y a une solution prouvée pour s'attaquer aux prix élevés de l'essence : la privatisation de ces sociétés d'État afin qu'elles deviennent plus performantes, qu'elles gaspillent moins et qu'elles produisent davantage. Il y a déjà eu des privatisations de compagnies pétrolières dans les années 1980 et au début des années 1990 - une période pendant laquelle les prix de l'essence à la pompe n'ont pas cessé de chuter même sans ajuster pour l'inflation.
Au moment d'écrire ces lignes, le prix moyen de l'essence est d'environ 1,40 $ au Québec. En France, il est de 1,60 euro (environ 2 $ CAD). Aux États-Unis, le prix moyen d'un gallon d'essence est de 3,8 $ USD (l'équivalent de 1 CAD le litre). Dans un tel contexte, les ventes de véhicules énergivores ne sont pas sur le point de fléchir. Car la réalité est simple : plus le prix de l'essence est bas, plus les ventes de ces véhicules augmentent. Et pourquoi pas augmenter le prix du carburant pour stopper l'hémorragie?