Il y a de ces thèmes à la mode, ces thèmes utilisés à toutes les sauces et dont on aime bien se draper à l'occasion. Que ce soit dans un élan de populisme visant à s'attirer les faveurs de la population ou simplement pour se donner bonne conscience. Malheureusement, l'éducation fait figure dominante à ce chapitre depuis plusieurs mois déjà.
Monsieur Legault, Nous vous entendons dire un peu partout dans les médias que plusieurs enseignants vous supportent dans votre croisade pour l'éducation, eh bien nous voulons dire haut et fort que nous, nous ne vous appuyons pas. La chasse aux mauvais enseignants est loin d'être le problème principal de l'école québécoise. Si vous passiez ne serait-ce qu'une semaine entre les quatre murs d'une école primaire ou secondaire, vous vous en rendriez compte par vous-même. Et ce n'est pas en nous offrant un salaire plus élevé que vous ferez passer la pilule.
Cette lettre ne se veut pas être un discours en faveur ou contre l'augmentation des frais de scolarité. Elle a pour unique objectif de lever le voile sur le discours parfois trompeur véhiculé par les dirigeants des mouvements étudiants quant au recours à la grève comme moyen de pression. Le discours entourant le mouvement de protestations étudiantes est fortement emprunté des mouvements syndicaux. Les termes « grève », « négociations », « assemblée », « vote de grève », « lignes de piquetage » sont utilisés sans nuance par les dirigeants des associations étudiantes et leur fédération.
Récemment, la Coalition Avenir Québec proposait d'évaluer le travail des enseignantes et des enseignants. Pourquoi en serait-il autrement? Les cadres des entreprises, avant d'obtenir une augmentation, se soumettent à une évaluation. Les actes des membres d'ordre professionnel peuvent aussi être vérifiés. Ce serait maintenant le tour des enseignantes et des enseignants.