C'est en regardant le célèbre bulletin de Claire Chazal sur TF1 (la Sophie Thibault française) que j'ai aperçu les nombreuses pancartes où apparaissait, parmi d'autres, le slogan «pas touche à mon Code civil!». Premièrement, «ton» Code civil? Ambitieux... Deuxièmement, «pas touche»? Déplacé. J'ai fait mute sur Claire Chazal et j'ai tenté de raisonner. Sur les bancs d'une faculté de droit, on nous apprend à appliquer cette logique, parfois fâcheuse mais nécessaire, voulant que les libertés des uns se terminent là où commencent celles des autres.
Novembre passé, je me souviens avoir eu quelques échos de cette manifestation contre le projet de Loi qui avait rassemblé plus de 100 000 personnes en France. Un peu avant le Nouvel An, également, je me souviens avoir été abasourdi par la déclaration du Pape Benoît XVI qui disait vouloir renforcer l'idée d'un mariage dit «normal». Et c'est en ce dimanche que je tombe sur cette nouvelle d'une manifestation monstre qui s'est déroulée l'autre bord de l'Atlantique.
La hausse vient renforcer les inégalités pourtant déjà flagrantes au Québec. En effet, obnubilés par le mensonge de l'égalité déjà-là, nous semblons oublier que les femmes, à travail égal, gagnent toujours moins que les hommes. En 2008, les statistiques du gouvernement du Canada démontraient que les femmes gagnaient en moyenne 71% du salaire des hommes. Donc, puisque les femmes, dans la majorité des cas, ont un statut économique précaire, demander à la population étudiante de faire sa juste part se résume à demander aux femmes de s'appauvrir davantage.
Il y a dans mon sexe tant de femmes; des blondes, des brunes, des courtes,des rondes. Vous devriez voir la tête que font les hommes lorsque je les sors toutes. Ils me regardent, s'attardent et s'y perdent. Ils ne discernent pas, en moi, la complexité du regard, ne saisissent pas, en ce regard, la tangibilité de l'espoir. Il y a dans ce sexe une journée pas comme les autres. Le 8 mars.
La Journée internationale des femmes, le 8 mars, nous permettra de renouveler notre réflexion sur les progrès des luttes menées par les femmes d'ici et d'ailleurs. Elle ne fera pas oublier, malgré les avancées, la fragilité des droits acquis, particulièrement au chapitre du travail avec son lot d'emplois parmi les plus précaires. Pensons également à la violence envers les femmes, trop souvent banalisée et à ce constat désolant qu'elles sont les plus pauvres parmi les plus pauvres comme nous l'apprend la Fédération des femmes du Québec.