Depuis quelques jours le gouvernement s'applique à diminuer les attentes des uns et des autres et on le comprend. Le tour de force consisterait à vider des questions aussi importantes que la qualité de l'éducation au niveau collégial et universitaire, son financement à long terme, la cohérence dans la gestion des établissements ...en 12 heures de discussions réelles avec 60 participants au tour de la table.
À quelques jours du Sommet sur l'enseignement supérieur, force est de constater que le débat tant souhaité sur l'avenir de nos universités est occulté par une dette politique du gouvernement du Parti Québécois (PQ) envers des groupes qui ont soutenu la formation politique lors de la dernière élection provinciale. Nous avons tous compris que ce parti s'est mis dans une position vulnérable en promettant mer et monde à celles et ceux qui désiraient un gel des droits de scolarité ou même la gratuité scolaire, en participant aux manifestations du printemps 2012 et en portant leur symbole à la même occasion.
La misanthropie est le fruit d'un espoir déçu, ai-je déjà lu quelque part. Un genre de traumatisme « post-écoeurantite aiguë ». Après le visionnement du documentaire Dérives, exposant l'institutionnalisation de la brutalité policière comme méthode d'intimidation politique, majoritairement durant la grève étudiante de 2012, on pourrait en venir à vouloir gerber sur le genre humain, une réaction un poil adolescente.
Si quelqu'un avait encore besoin d'être convaincu de l'état de décrépitude professionnelle et intellectuelle de certains grands médias québécois, il n'a qu'à lire - subir - la chronique de J-Jacques Samson, publiée dans les pages du Journal de Montréal et du Journal de Québec le 15 février dernier, pour constater cette troublante réalité. Dans un court texte dont les relents méprisants demeurent persistants, quelques heures encore après sa lecture, monsieur Samson s'en prend aux « parasites » de l'ASSÉ et aux étudiants qu'ils représentent...
Dans tout ce débat qui perdure sur la question du financement des universités, plusieurs argumentaires s'opposent. Le mouvement d'opposition aux hausses des droits de scolarité des associations étudiantes aura inscrit ce débat avec plus d'urgence; il porte aussi sur des questions sociales et économiques constructives. Malheureusement dans les conditions actuelles, à très peu de temps du Sommet préparé en partie pour recréer une paix sociale, tout semble un capharnaüm...
Le sommet sur l'enseignement supérieur qui se tiendra dans quelques jours part possiblement une belle intention, mais ce n'est pas ce sommet que l'on devrait tenir, mais plutôt celui sur l'avenir du Québec. Tant que le Québec n'aura pas de plan sur le type de société dans laquelle nous souhaitons vivre dans 15 ou 25 ans, tout sommet qu'il soit et peu importe le parti politique qui le portera sera voué à l'échec.
Comment rater la première journée de rentrée parlementaire? Voter avec l'opposition pour dénoncer ses propres compressions en éducation, composer avec un député (Daniel Breton) qui roupille au début de la période des questions et passer l'avant-midi à répondre à Jacques Parizeau sur la gratuité scolaire.
On a accusé souvent Option nationale et Québec solidaire d'empêcher de rendre au PLQ la monnaie de sa pièce en divisant le vote. Pourtant, ces deux partis sont les seuls qui proposaient la gratuité scolaire et remettaient la question de l'éducation au cœur des grands débats de la société moderne. Aucun des partis « susceptibles de prendre le pouvoir » ne s'était doté de cette responsabilité envers la population québécoise. Même lors des débats télévisés, la question de l'éducation ne semblait pas être un enjeu important, comme si ces milliers de personnes avaient déambulé dans les rues du Québec dans le silence le plus complet, comme un peuple invisible.
Qu'est-ce qu'une fraternité ? Pourquoi sont-elles secrètes ? Pourquoi cette idée d'homogénéité, donc de non-mixité des sexes ? La réalité de ce type d'organisation (GLO*) peut-elle être assimilée au mythe et au mystère que lui accorde la presse ou encore le cinéma américain ? Voilà quelques questions qui refont continuellement surface lorsque l'on aborde la question des sociétés étudiantes.
Si l'on souhaite que le capitalisme apporte la solution aux difficultés que connaît l'économie mondiale, il doit être reconstruit ou plutôt réexaminé, étant donné le succès qu'il a eu par le passé. Il paraît en effet étrange que tout le monde évoque la complexité de la situation économique sans suffisamment se concentrer sur les points principaux.