Pendant qu'on s'escrime sur la gratuité scolaire au Québec, les contenus des cours sont déjà gratuits sur les plateformes Coursera (1,900,000 étudiants et plus de cent cours), EdX (370 000 étudiants et sept cours) et Udacity (250 000 étudiants et 15 cours). Qu'est-ce qui empêche les universités au Québec de prendre un leadership dans ce domaine ?
Alors que débute la première rencontre thématique précédent le Sommet sur l'enseignement supérieur, je suggère aux participants de convenir de quelques définitions. C'est parfois si simple de ne pas s'entendre et de se déchirer parce qu'on interprète différemment un concept, même usuel. Prenez l'éducation par exemple. Qu'est-ce que ça signifie pour vous, l'éducation?
Je n'ai aucun problème à ce que des groupes et des individus revendiquent la gratuité scolaire, le droit à la dissidence, ou n'importe quoi qui reste dans les limites du bon sens. Là où je fulmine, c'est lorsque les menaces sortent avant même qu'on débatte réellement du sujet. On retrouve ici la bonne vieille ASSÉ, celle-là même pour qui les compromis sont signes de faiblesse, pour qui la grève est un moyen de pression parmi tant d'autres et non le dernier recours.
Quelle école conviendra le mieux à notre enfant? Sera-t-il bien encadré, bien stimulé? Le privé est-il automatiquement l'option idéale? Fréquente-t-on le public faute de mieux seulement? Pour ma part, c'est l'an dernier que je m'étais colletaillée avec ces questions, alors que mon garçon finissait son primaire. Et même, en fait, dès l'année d'avant: nous avions déjà fait des "portes ouvertes" alors qu'il était en 5e année.
Cette idée que l'État pourrait économiser de l'argent en abolissant le financement accordé à l'école privée me surprend toujours. Un même élève va coûter 100% au MELS au lieu du 60% actuel au privé. Plusieurs études ont démontré qu'autour de 15% des écoles privées seulement vont pouvoir rester ouvertes (majoritairement sur l'île de Montréal) si les parents doivent payer 100% des coûts de fréquentation d'une école privée plus du tout financée par l'État.
Cette dichotomie entre les aspirations au changement de la population et l'offre politique étroitement partisane qui nous est servie à l'occasion de ces élections éclate chaque jour davantage. La crise déclenchée par les jeunes cégépiens-nes et étudiants-es sur la question de l'augmentation des frais de scolarité semble être l'angle mort de la campagne, forçant les protagonistes à camper sur leurs anciennes positions. Ces élections n'ont-elles pas été déclenchées pour trouver une solution démocratique à la crise?
En ce début du dernier droit de la campagne électorale 2012, nous pouvons affirmer sans détour que si elle aura été marquée par certains événements et paroles mal placées, elle ne passera pas à l'Histoire comme l'une des plus enlevantes, loin s'en faut. Ce dont ont parle beaucoup, mais uniquement de son absence, c'est l'éducation. Conflit étudiant? Jamais entendu parler...
Plus tôt au cours de la campagne électorale, la CAQ a pourtant dévoilé une imposante plateforme électorale, dans laquelle on retrouve l'intention de lutter contre le décrochage scolaire. À travers les 114 pages qui constituent la plateforme électorale du parti, ce que j'ai compris de la vision de la CAQ, c'est que le taux de diplomation au Québec est uniquement l'affaire des écoles, des structures, du gouvernement. Et donc, les solutions proposées ne visent que les écoles, les structures et le gouvernement.
À l'occasion de cet interminable conflit étudiant, plusieurs ont voulu voir dans les revendications étudiantes le rejet d'un soi-disant modèle universitaire américain qu'on aime opposer à un modèle européen. Le premier serait fondé sur des frais de scolarité élevés, sur l'esprit de compétition et la marchandisation du savoir. Le second s'appuierait au contraire sur un financement étatique assurant la gratuité scolaire, sur une tradition humaniste et la valorisation des connaissances pour l'amour d'elles-mêmes.
Cher monsieur Gérin-Lajoie, J'ai toujours eu le plus grand respect pour vous pour l'excellence de vos actions posées en éducation et son rayonnement international. Je suis néanmoins en net désaccord avec l'analyse que vous posez sur la situation actuelle. Contrairement à ce que vous pensez, si le méli-mélo actuel perdure, c'est justement à cause de la position intransigeante de la part du gouvernement Charest qui n'aura réussi qu'à exacerber les tensions avec l'imposition de la loi 78.
Le gel en vigueur au cours des neuf années précédentes ne pouvait plus perdurer. N'oubliez pas que nous sortons d'une crise économique, nos exportations reculent ou au mieux stagnent depuis deux ans. Sans compter qu'Ottawa a réduit ses paiements de transfert pour l'éducation postsecondaire dans le cadre de sa lutte contre le déficit. Bref, nos finances publiques sont mal en point. Le gel était un luxe, on n'en a plus les moyens.
Les étudiants sont en grève depuis plusieurs semaines déjà . Nous devons vérifier le portail du collège chaque matin, dans l'éventualité où la ligne de piquetage ne serait pas significative; nous serions alors tenus de rentrer donner des cours. Afin de respecter le vote démocratique, nous avons comme directive de ne pas communiquer pédagogiquement avec nos étudiants. Certains de nos étudiants ont fait application à l'université et nous n'avons pu les aider avec leurs auditions.
J'ai finalement décidé d'épingler un petit carré vert printemps sur mon manteau de pluie, ce matin. Ce petit carré de la honte, ce petit bout de tissu vert vomi, comme plusieurs aiment à l'appeler, je le porte désormais bien en évidence sur mon flanc droit. N'en déplaise à personne. En affichant ainsi mes couleurs, j'ai tenu à manifester publiquement mon soutien à la hausse des frais de scolarité promulguée récemment par le gouvernement Charest, et ce, même si mon coming out intervient alors que ce débat est déjà bien entamé.
Le débat sur la question de la hausse des droits de scolarité au Québec a pris une tangente qui me fascine. J'ai vaguement l'impression que les tenants du gel tentent d'en faire un combat dogmatique duquel les deux véritables enjeux -- la qualité du réseau universitaire québécois et son accessibilité -- sont évincés. D'une part, la question de l'avenir du réseau universitaire, et de la qualité de la formation est complètement occultée par les porte-parole étudiants appelés à s'exprimer sur la question. Pourtant, il s'agit bien là du noeud du problème, non? S'assurer que nos établissements universitaires sont en mesure d'offrir des services à la hauteur du potentiel des Québécois.
Ça y est. Nous y sommes. La mèche a été allumée l'automne dernier par les indignés, puis les étudiants ont embrasé le Québec. Les artistes, les écologistes, les syndicats, même les églises attisent le feu depuis des semaines. Le printemps érable est en marche. Depuis trop longtemps, on nous a enfermés dans une bouteille trop petite pour nos rêves. Maintenant que le génie en est sorti, faisons trois vœux.
Il y a de ces thèmes à la mode, ces thèmes utilisés à toutes les sauces et dont on aime bien se draper à l'occasion. Que ce soit dans un élan de populisme visant à s'attirer les faveurs de la population ou simplement pour se donner bonne conscience. Malheureusement, l'éducation fait figure dominante à ce chapitre depuis plusieurs mois déjà .
Le mot «violence» est ainsi devenu un buzzword. Il crée un écran, détourne des enjeux, permet toutes les manipulations affectives de l'opinion publique. C'est bien cela qu'il reste aux puissants, la manipulation, lorsque se dissipent l'aura de leur pouvoir et l'apparence de consensus. En grands titres, pouvons-nous lire, dans les différents quotidiens : «Manifestations étudiantes dans le calme». Comme si la chose devait étonner! Comme si l'essentiel se jouait là ! Incidemment, le mot «calme» est devenu le nouveau gage de la légitimité politique dans la bataille pour l'opinion publique. Or, a-t-on jamais fait reculer un gouvernement dans le «calme»? Qu'avons-nous, nous, Québécois et Québécoises, avec cette obsession de la «tranquillité» lorsque, pourtant, rien ne va plus?
Monsieur Legault, Nous vous entendons dire un peu partout dans les médias que plusieurs enseignants vous supportent dans votre croisade pour l'éducation, eh bien nous voulons dire haut et fort que nous, nous ne vous appuyons pas. La chasse aux mauvais enseignants est loin d'être le problème principal de l'école québécoise. Si vous passiez ne serait-ce qu'une semaine entre les quatre murs d'une école primaire ou secondaire, vous vous en rendriez compte par vous-même. Et ce n'est pas en nous offrant un salaire plus élevé que vous ferez passer la pilule.