Si l'Indonésie n'arrive pas à mettre un terme aux discriminations, ainsi qu'aux actes de violence commis envers les minorités religieuses, il se pourrait qu'elle devienne la prochaine Yougoslavie. Du moins, certains l'affirment. Malgré l'apparence de radicalisme derrière un tel propos (que je suis loin d'endosser), l'unité indonésienne semble devenir un mythe politique tant au niveau ethnique que religieux.
C'est en regardant le célèbre bulletin de Claire Chazal sur TF1 (la Sophie Thibault française) que j'ai aperçu les nombreuses pancartes où apparaissait, parmi d'autres, le slogan «pas touche à mon Code civil!». Premièrement, «ton» Code civil? Ambitieux... Deuxièmement, «pas touche»? Déplacé. J'ai fait mute sur Claire Chazal et j'ai tenté de raisonner. Sur les bancs d'une faculté de droit, on nous apprend à appliquer cette logique, parfois fâcheuse mais nécessaire, voulant que les libertés des uns se terminent là où commencent celles des autres.
Novembre passé, je me souviens avoir eu quelques échos de cette manifestation contre le projet de Loi qui avait rassemblé plus de 100 000 personnes en France. Un peu avant le Nouvel An, également, je me souviens avoir été abasourdi par la déclaration du Pape Benoît XVI qui disait vouloir renforcer l'idée d'un mariage dit «normal». Et c'est en ce dimanche que je tombe sur cette nouvelle d'une manifestation monstre qui s'est déroulée l'autre bord de l'Atlantique.
Au Congo, par exemple, notre insouciance est liée à des pertes de vies, de la prostitution, de la délocalisation, des viols massifs de femmes, la destruction de l'environnement.Il y a un génocide là bas. C'est une chose d'en parler, mais s'en est une autre d'adresser les causes de ces innombrables pertes de vies humaines et violations de droits fondamentaux. Lorsqu'on saura qu'on finance nos piscines creusés avec les retombées de nos placements dans des compagnies violant les droits humains, peut-être qu'on arrivera à rompre collectivement le silence des gens qui se disent bien...