Cette question directe, c'est une publicité sur Facebook qui me la posait depuis plusieurs jours. On y voit une photo du député de Bourassa aux Communes, tout sourire, accompagnée de deux mentions: «Sondage non partisan» et «200$ à gagner». La répétition du message a eu raison de moi, et j'ai finalement cliqué sur le lien.
Si l'on se fie à l'expérience précédente, pour devenir maire de la métropole, il faut d'abord être un ancien ministre libéral - dans ce cas-ci fédéral - qui jouit d'une certaine popularité et dont l'ascension politique au sein de son parti est bloquée. Donc, ça nous prend quelqu'un qui a fait le tour du jardin et qui veut transposer son ambition ailleurs. Ensuite, on doit créer un certain suspense autour de notre «possible» candidature.
Denis Coderre est un personnage en soi. C'est une évidence que de le dire. Celui qui s'est bâti une stature publique par son franc-parler et par une habile mise en marché sur les médias sociaux est désormais pressenti comme candidat potentiel à la mairie de Montréal, en novembre 2013. Il ne s'en cache pas lui-même, faisant durer inutilement le suspense sur une nouvelle qui n'en est plus une, démultipliant les entrevues (Larocque-Lapierre, Tout le monde en parle) afin de ne pas annoncer sa non-candidature, tout ceci donnant naissance à des scènes quelque peu incroyables où des intervieweurs usent de contorsions langagières, de questions détournées afin de soutirer un semblant de réponse ou quelques idées au futur candidat. Idées qui ne viennent pourtant pas.
Il y a quelques années, un homme jeune, paraissant bien, et excellent orateur a pris le devant de la scène politique américaine et a été largement élu par une population assoiffée d'espoir de changement. Quelques années plus tard, Justin Trudeau se lance sur la grande scène politique canadienne. Si on écoute les médias, on pourrait croire qu'il est « notre Obama » canadien. Sauf que la réalité devrait s'imposer