L'après-Charest a débuté dimanche pour le Parti libéral du Québec qui tenait le premier de 5 débats entre Philippe Couillard, Raymond Bachand et Pierre Moreau. Un PLQ bien amoché nous révélait un sondage Crop-La Presse alors que 62% des francophones ont une mauvaise opinion du parti qui a dirigé le Québec pendant 9 ans.
On a déjà vu Federer à l'apogée de son tennis avoir quatre balles de match, une victoire sur un plateau d'argent, et les mettre toutes dans le filet. En sport de haut niveau, on appelle ça la peur de gagner. Obama avait autant de balles de match en main, mais aucune n'a inquiété Romney, dont le comeback semblait pourtant inespéré.
Un mot-clef, "middle-class", revient comme un marqueur à chaque réponse des deux concurrents. "Les familles moyennes sont broyées", par votre politique, lance Romney, offensif. Obama masque l'accent dédaigneux qui plisse ses lèvres derrière un sourire exagéré. On entre dans le vif du sujet. Au bar, les voix s'élèvent à mesure que les verres se vident.
Aussi bien le président Obama que le gouverneur Mitt Romney ont qualifié les élections à venir de choix crucial à faire entre deux visions très différentes de l'Amérique - et ils ont raison. Alors que la course présidentielle entre dans sa dernière ligne droite, les candidats et leurs partis respectifs restent très divisés concernant les impôts, la dette publique, le filet de sécurité sociale et le rôle du gouvernement dans la création d'emploi et l'encouragement de la croissance économique.
La campagne présidentielle manque cruellement d'idées nouvelles. Les candidats n'ont fait que remâcher les mêmes discours fatigués, ne donnant aucun sentiment d'engagement. Les choses pourraient changer si le Président Obama considérait avec un peu plus de sérieux son discours d'acceptation à la convention et plaçait enfin "une chose qu'on nomme la citoyenneté" au cœur de sa campagne.
Surtout, la chef du PQ a fait valoir ses états de service, et a rappelé les luttes qu'elle a menées durant sa longue carrière de 30 ans. Profitant du fait qu'elle s'adressait directement aux indécis elle a posé comme la leader rassurante qui a fait le ménage «en douceur» sans dresser les syndicats contre elle. C'est elle qui a aussi réduit de moitié le nombre de commissions scolaires au Québec, devait-elle rappeler.
Le débat gauche-droite mène également à une dégradation du climat social : chaque côté se croit supérieur et accuse l'autre des pires crimes imaginables. Ainsi l'on compare Charest à Hitler, le SPVM au SS, Khadir à un dangereux islamiste, Gabriel Nadeau-Dubois à un agent communiste, etc. La droite croit disposer du monopole de la raison alors que la gauche croit détenir le monopole du cœur, menant à un usage abusif de rhétorique afin de convaincre la population que le Québec est sur le bord du gouffre.
La droite au Québec est libertarienne! Je suis allé vérifier, je pensais que c'était un régime alimentaire avec des fautes d'orthographe dedans, mais non, ça existe. C'est pas encore dans le dictionnaire, mais ça a l'air que ça existe quand même, que ça a une histoire, des penseurs, des économistes et tout ça, oui oui! Et qu'est-ce que ça mange en hiver un libertarien?
Des producteurs québécois m'ont affirmé ne pas avoir d'autre choix que de faire apposer la certification religieuse cachère sur leurs aliments. Sinon, certains grands supermarchés refusent carrément de les distribuer sur leurs tablettes, m'ont-ils assuré sous le couvert de l'anonymat. « Ils ne nous disent pas que c'est obligatoire, dans ces mots-là. Mais disons que c'est fortement recommandé. Nous voulons pouvoir vendre notre miel, alors nous le faisons certifier », m'a confié un important apiculteur québécois.
Lorsque des individus cagoulés se présentent à la porte de l'IEDM, tentant de forcer la porte pour entrer dans nos bureaux, on sort du débat démocratique et on entre dans l'intimidation. La liberté d'exprimer des idées est fondamentale. En s'y attaquant, en tentant de bâillonner les opinions contraires, ces manifestants dérapent sérieusement et décrédibilisent leur propre cause. Il serait souhaitable que les responsables étudiants dénoncent ces gestes.
Ce ne sont pas des "islamistes" qui se sont déchaînés hier, mais des gauchistes pro-islamistes. Il y avait bien quelques "enfants" naturels (j'entend politiques) de Tariq Ramadan, décidément très amers. Mais surtout des gauchistes persuadés que toute critique de l'islamisme est forcément raciste puisque dans leur monde binaire, digne du choc des civilisations, il y a le monde de l'Islam contre celui de l'Occident blanc.