Critique Théatre

Midsummer: prise 2

Marie-Claire Girard | Publication 10.05.2013
Marie-Claire Girard

J'ai vu Midsummer en avril de l'an dernier et j'étais sortie enchantée et conquise par le spectacle. Mais une deuxième fois signifie un regard plus aigu et les péripéties iconoclastes qu'ils vivent à Édimbourg un soir de solstice, pour être hilarantes n'en demeurent pas moins empreintes d'une urgence de vivre et d'un profond désespoir devant l'inéluctabilité du temps qui passe auxquels j'ai été particulièrement sensible cette fois-ci.

Survivre dans un univers d'une platitude grandiose

Marie-Claire Girard | Publication 06.05.2013
Marie-Claire Girard

Survivre, la pièce d'Olivier Kemeid et d'Éric Jean présentée au Quat'sous, jette un regard sur un bureau miteux où travaillent sans enthousiasme six employés, des ronds-de-cuir du 21e siècle qui répondent au téléphone et entrent des commandes sur leur ordi. Un travail qui les laisse hébétés à la fin de la journée.

La fureur de ce pensait Nelly Arcan

Marie-Claire Girard | Publication 24.04.2013
Marie-Claire Girard

La fureur de ce que je pense, présenté à l'Espace Go, accomplit le magistral travail de nous prendre par la main et de nous amener dans l'univers si particulier de Nelly Arcan. On nous y accompagne, on nous y apprivoise, et même si c'est un monde où, personnellement, je ne voudrais pas vivre, cette pièce de théâtre m'a enfin permis de comprendre la souffrance et le désarroi de cette femme.

Plaisir intellectuel et bonheurs sensuels

Marie-Claire Girard | Publication 18.04.2013
Marie-Claire Girard

Le théâtre inspiré par l'Histoire est merveilleux en même temps que consternant: on se rend bien compte que rien n'a vraiment changé, que les méthodes retorses et les discours mensongers fonctionnent de la même manière aujourd'hui qu'il y a 300 ans et que dans la vie il y a des engagements que l'on prend et qu'on a aucunement l'intention de tenir.

Notre monde éclairé d'une manière inédite

Marie-Claire Girard | Publication 16.04.2013
Marie-Claire Girard

La pièce Ce samedi il pleuvait nous chamboule de l'intérieur, elle fait effraction dans la langue et dans nos esprits, elle dit, sur le réel, quelque chose de nouveau. Cela est rare et précieux et je pense que nous assistons, avec Annick Lefebvre, à la naissance d'une dramaturge qui va laisser une marque indéniable dans le firmament de notre théâtre.

Quartett: le langage à son meilleur

Marie-Claire Girard | Publication 06.04.2013
Marie-Claire Girard

La langue française est de toutes les langues celle qui exprime avec le plus de facilité, de netteté, de délicatesse tous les objets de la conversation des honnêtes gens. C'est ce que dit Voltaire au XVIIIe siècle. Et c'est cette langue diaprée, riche, généreuse que nous propose Quartett, une variation de l'écrivain allemand Heine Müller sur Les Liaisons dangereuses, publié en 1782.

Les sentiments déraisonnables de Yellow Moon

Marie-Claire Girard | Publication 12.05.2013
Marie-Claire Girard

Je ne féliciterai jamais suffisamment ces théâtres qui, comme le Théâtre de la manufacture qui loge à La Licorne, nous proposent des pièces d'auteurs contemporains étrangers que l'on peut découvrir et apprécier. L'oeuvre de David Greig Yellow Moon est un lieu où se déploie l'expression de la passion, de la souffrance et de la déception, de l'humanité.

La magie de l'art et le pouvoir des mots

Marie-Claire Girard | Publication 10.05.2013
Marie-Claire Girard

La famille est l'un des sujets les plus exploités dans le domaine de la fiction parce qu'il y a là le terreau le plus riche qui soit. Trop souvent cela donne des histoires qui peinent à s'extirper de la banalité du quotidien. À d'autres moments une touche de génie, comme celle de Michel-Marc Bouchard, nous entraîne dans tellement plus.

Les chemins qui marchent mènent-ils quelque part?

Marie-Claire Girard | Publication 02.05.2013
Marie-Claire Girard

J'avais beaucoup aimé le premier volet de la trilogie L'histoire révélée du Canada français, écrite par Alexis Martin et mise en scène par Daniel Brière. Alors que la première pièce s'attardait sur notre jardin de givre linguistique, la deuxième, Les chemins qui marchent, s'intéresse à notre rapport avec l'eau, nos rivières, nos lacs, notre fleuve en passant par les usines d'épuration et les barrages de la Baie James. L'héritage amérindien et innu, qui occupe bien peu de place dans notre mémoire collective, est une nouvelle fois très présent. Hélas, c'est moins réussi cette fois-ci.

La fête à Jean

Marie-Claire Girard | Publication 14.03.2013
Marie-Claire Girard

Le Jean du titre (Denis Gravereaux, un comédien remarquable au sujet de qui on se demande ce qu'il allait faire dans cette galère) est un monsieur âgé et lourdement handicapé qui a décidé d'en finir avec le calvaire de souffrances que constitue maintenant sa vie. Sa famille lui a préparé une fête dans le jardin par un bel après-midi d'été et le tout est prétexte à une série de monologues et de déballage de secrets intimes, de traumatismes affectifs ou de blessures narcissiques affectant la femme, les enfants et petits-enfants de Jean.

Un village de fous

Marie-Claire Girard | Publication 02.03.2013
Marie-Claire Girard

D'ailleurs cette pièce se démarque de la production habituelle de Neil Simon, ce dramaturge qui représente la quintessence d'une certaine Amérique, bourgeoise et bien-pensante mais capable de rire de ses travers. Il a eu beaucoup de succès dans les années 70 et 80 et peut-être devrions-nous le laisser se reposer en paix.