Pour un gouvernement péquiste se prétendant social-démocrate, renoncer de se mouiller sur la loi municipale P-6, malgré des déclarations dénonciatrices de la Ligue des droits et libertés et de l'Association des juristes progressistes, relève de la mauvaise foi. On se souviendra toutefois que le Parti québécois avait décrié à maintes reprises le projet de loi 78, le dénonçant comme un bâillon à la liberté d'expression, eux qui ont eux-mêmes participé à quelques manifestations sans qu'un itinéraire ait été fourni aux autorités policières et qui ont de fait utilisé cette prise de position comme un argument électoraliste.
Je demande solennellement à la police, à son porte-parole toujours si prompt à défendre ses collègues, à sa fraternité tricotée serrée, à ses gradés qui estiment que manifester n'est plus un droit démocratique, je demande donc à tous ces gens supposés défendre la veuve, l'orphelin, la justice et la paix, de bien vouloir faire leur devoir avec autant d'empressement pour les mafieux que pour les manifestants.
Comprimé dans le temps, avec des acteurs choisis judicieusement, le Sommet a produit les résultats escomptés pour le gouvernement Marois, en l'affranchissant d'une promesse électorale et du carré rouge. Désormais, la première ministre pourra invoquer les «consensus» du Sommet pour défendre son approche en éducation. À moins, bien sûr, que l'ASSÉ et ses partenaires ne réussissent à rallumer les braises de la contestation.
Fort mauvaise blague que ce jugement d'outrage au tribunal émis contre Gabriel Nadeau- Dubois. Quelqu'un devrait avertir l'honorable Denis Jacques qu'il y a eu (grâce justement au mouvement étudiant) élection au Québec, que les Libéraux ont perdu et que les méthodes dures préconisées par le PLQ, notamment la loi 78 et l'appel aux tribunaux, ont non seulement été condamnées par le Barreau du Québec mais rejetées par la majorité des Québécois.
François Legault et la Coalition Avenir Québec aimeraient bien que la crise étudiante soit derrière eux et ne vienne pas définir la campagne électorale imminente. Car Jean Charest a joué à fond la carte de la défense des institutions pendant que Pauline Marois prenait fait et cause pour le mouvement étudiant. Entre le marteau et l'enclume, la CAQ risquerait de se faire laminer si les hostilités venaient à reprendre dans 15 jours.
Des élections en juillet sur la crise étudiante? Oubliez ça, bien que, dit-on, le premier ministre Jean Charest, exaspéré, y ait pensé au cours des derniers jours. Il est plus probable que ce scrutin ait lieu dès le début de l'automne, septembre, par exemple. Encore là ce n'est pas un pari gagné d'avance quand les électeurs préfèrent décrocher de la politique et laisser les beaux jours couler.