Dimanche soir dernier, j'avais les yeux rivés sur le petit écran. Comme plusieurs milliers de personnes, je regardais avec grand intérêt La soirée excellence La Presse, sous le thème Le meilleur de nous-mêmes, à l'antenne de Radio-Canada. Cette soirée visait à rendre hommage à des Québécois et des Québécoises qui ont fait une différence dans leur milieu respectif.
Depuis le 15 octobre dernier, le Québécois d'origine colombienne, Saul Polo, est devenu le président du Parti libéral du Québec (PLQ). En dehors de toute considération partisane, je tiens à saluer l'élection du premier immigrant à la présidence d'un des grands partis traditionnels québécois. Cela est un autre signe de l'engagement de notre société envers sa diversité.
Le 4 septembre 2012 fût une soirée électorale québécoise inoubliable et je l'ai vécue avec d'intenses émotions ici en Afrique, à 6228 km de Montréal. j'ai suivi avec grand intérêt la campagne électorale et ai contribué, selon ce que permettaient la technologie et les moyens, au débat de la société, en particulier les préoccupations des communautés culturelles.
Il est vrai que les enjeux concernant l'immigration et, plus important, concernant les personnes issues de l'immigration ont été évacués de cette campagne électorale. Fallait-il s'y attendre? En revanche, il m'apparaît nécessaire de souligner que plusieurs personnes issues de l'immigration ont fait le choix de présenter leur candidature à ces élections. Il faut du courage pour se lancer en politique, et ce, pour n'importe qui.
Bien que la chef du PQ ait tenté de corriger son «improvisation», on voit ce qui se cache au fond du sac...Celle qui maîtrise l'anglais avec plus de peine que plusieurs des jeunes étudiants francophones à qui elle envisage barrer l'accès aux Cégeps anglophones, mène une campagne musclée, alimentée par une exclusion inconsciente des autres communautés et de leurs enjeux.
En s'attaquant au crucifix, Djemila Benhabib, s'en prend à la mauvaise cible. En effet, la présence du crucifix à l'Assemblée nationale est loin d'être un scandale. De nos jours, ce crucifix est davantage un symbole historique, relié au patrimoine historique québécois, et non plus un symbole strictement religieux. Au risque de me répéter, le débat n'est pas là. Et loin de moi l'idée d'alimenter la controverse, mais le véritable scandale se trouve plutôt dans les supermarchés à grande surface et dans l'épicerie du coin.
Force est d'admettre que plusieurs membres des communautés culturelles font ou refont le saut en politique active, lors de la présente campagne électorale. Ces candidats le font dans l'espoir de façonner un Québec qui leur ressemble, à eux aussi, et ce, dans le respect des valeurs québécoises. C'est le cas au sein du Parti libéral, de la Coalition avenir Québec, mais c'est aussi le cas au sein du Parti québécois. En effet, chacun des trois partis susceptible de prendre le pouvoir le 4 septembre prochain, compte près de 10% de candidats issus de l'immigration parmi ses rangs.
Ainsi la même étude nous révèle que ''le candidat au nom à consonance africaine pour un emploi peu ou non qualifié a été évalué plus négativement, avec un taux net de discrimination de 42,1 %, contre 35,1 % pour le candidat arabe, suivi plus loin derrière, par le candidat latino-américain avec 28,3 %. En ce qui concerne les emplois qualifiés, le taux de discrimination chez le candidat au nom à consonance africaine a été de 38,3 %, contre 33,3 %, pour les candidats arabes et 30,6 % pour les candidats latino-américains.''
L'homme du futur, titrait une revue économique, ne sera ni blanc, ni noir, ni jaune, mais un mélange des trois, tout comme le nouveau continent Amasia prévu pour dans 200 millions d'années. Ce brassage culturel ô combien si riche de traditions diverses n'est en aucun cas une tendance passagère, un phénomène de société isolé qui s'étiolera.
À l'aube de l'an 2031, Statistiques Canada prévoit que les minorités visibles d'aujourd'hui constitueront une majorité dans les grandes métropoles canadiennes (Toronto, Vancouver et Montréal). Cette tendance pourrait même être perceptible dès 2017 à Toronto et à Vancouver. Actuellement, dans l'agglomération de Montréal, plus d'une personne sur quatre appartient à une minorité visible et une sur cinq parle une autre langue que le français ou l'anglais à la maison.
Dans la photo, il y a au moins quatre étudiants costumés et maquillés en « blackface ». On les voit ainsi pousser à l'aide d'une charrue une tête massive de Jean Charest en papier mâché, sous laquelle une enseigne indiquait «Sir John James Charest». Quel était le message? Les Québécois sont les nègres du Canada? Ben ouais, et quoi encore? Cet étalage de blackface et la manipulation de l'histoire des Noirs est totalement en contradiction avec les appels retentissants du Mouvement pour la solidarité.
La tragédie inuite. Le cul-de-sac du Nord. Le Nunavik décroche. Drogués à 7 ans. Ces titres d'articles parus récemment dans la presse québécoise suggèrent l'existence d'un intérêt renouvelé pour les questions autochtones. Le lancement du Plan Nord y serait-il pour quelque chose ? À première vue, on devrait s'en réjouir. Le traitement que ces reportages réservent aux Autochtones est toutefois loin de représenter une véritable amélioration par rapport à l'ignorance qui les précédait -- ils relèvent plutôt d'une curiosité malsaine, quasi pornographique, à l'égard de la pauvreté.
Paul Piché aurait pu trouver mieux. Un des membres choisit pour former le nouveau comité stratégique sur la souveraineté, Piché a balayé de la main les questions de journalistes concernant l'uniformité du comité. « Honnêtement, je n'ai jamais accordé beaucoup d'importance à ça », a dit le chanteur. La composition du dit comité a pourtant de quoi étonner. Sur douze membres, deux femmes seulement et aucun membre des communautés culturelles. Plus vieilles souches que ça...tu te mets à danser un set carré.
Le multiculturalisme canadien a de quoi séduire les communautés issues de l'immigration. Certaines d'entre elles ou des minorités au sein de celles-ci se comportent parfois en communautés distinctes, à l'encontre d'une intégration mutuellement bénéfique au sein de la société d'accueil. Elles le font avec la caution du multiculturalisme canadien. Une part de la communauté anglaise réfute la légitimité de la Loi 101 et s'affirme en droit d'intégrer en anglais une large part de l'immigration. Elle se revendique alors de la Charte canadienne des droits et, sans toutefois le dire ouvertement, du multiculturalisme canadien.