Mon grand-père avait pour son dire: «Quand le feu pogne dans maison, peu importe qu'il aille commencer dans la cuisine ou ben non dans le salon, tu l'éteins.» En ce moment, que les étudiants soient violents ou non, qu'ils boycottent ou qu'ils grèvent, on s'en fout. Ce qui est important, c'est qu'en ce moment, le point de rupture est bientôt atteint. Bientôt, des sessions devront être annulées, bientôt, les esprits vont s'échauffer, bientôt, les impacts économiques vont s'aggraver. Bientôt, il sera trop tard.
S'il est important d'avoir des amis en politique, il est encore plus fondamental d'avoir un ennemi. La présence de celui-ci permet aux hommes et aux femmes politiques de se définir. Jean Charest ne cèdera pas. Son intérêt est de poursuivre ce combat jusqu'aux élections. Il avait besoin d'incarner une cause et se cherchait un ennemi. Les casseurs et la CLASSE se sont offerts sur un plateau d'argent. Le radicalisme étudiant est une bénédiction pour les libéraux.
L'efficacité de la grève étudiante secouant le Québec depuis plus de dix semaines fut remise en question à maintes reprises en raison notamment de l'absence de pourparlers entre les leaders étudiants et le gouvernement. Il y a tout au plus quelques jours, le conflit semblait se diriger tout droit vers l'impasse : des factions du mouvement protestataire commettaient des actes de vandalisme alors que le gouvernement se montrait tout aussi intransigeant envers les revendications étudiantes qu'il ne l'avait laissé paraître depuis le début de la grève. Évidemment, cette radicalisation des camps n'augurait rien d'enviable quant à l'issue de la crise.